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KAVIAR SPECIAL (FRANCE)

Written by on 5 février 2018

ABOUT THE ALBUM :
Interview with Adrien from Kaviar Special :

 
“ Le rock français, c’est comme le vin anglais ” persiflait John Lennon.
Le plus rêveur des petits scarabées de la pop serait encore de ce
monde, on lui prescrirait une mise au vert en Bretagne. Là où, sous
les harangues fibreuses du label Howlin’ Banana, quantité de
jeunes gens mal peignés (autant de fuzz, forcément, ça décoiffe),
redonnent ses lettres d’ivresse au genre.
Formé à Rennes en 2013, Kaviar Special regroupe les plus farouches.
Quatre garçons se fichant d’être dans le vent qui, à l’instar de leurs
modèles John “ Oh Sees ” Dwyer et Ty Segall, réécrivent la genèse
réverbérée de la musique électrique (surf, garage, psyché…) d’un
grand geste régressif – qui court des nanars terreux des années 80
aux happenings masochistes de la génération Jackass.
Bien que couchée sur deux albums salués par la nouvelle
presse conductible (Gonzai, Noisey, The Drone…), en attendant
le troisième début 2018, c’est évidemment sur scène que cette
démarche imparable prend toute sa dimension. Fût-ce celle de
rades périphériques, lors d’une tournée française fin 2016, ou celle
d’événements de prestige : les Trans Musicales en 2015, Rock en
Seine l’année suivante et le festival Inrocks Lab dans la foulée.
Dans un cas comme dans l’autre, Kaviar Special avance à l’instinct,
entre héroïsme et négligence. Mais toujours la bonne direction :
celle où, quand la musique s’achève, le silence qui suit n’en est
plus vraiment un.

Comme il est parfois difficile de s’émanciper d’une figure tutélaire,
surtout lorsque celle-ci s’appelle Ty Segall ou Thee Oh Sees ! Avec la
sortie de “ Vortex ”, c’est pourtant bien ce que semblent avoir réalisé les
Kaviar Special. Un album à l’allure de manifeste à même de marquer
autant la carrière du groupe que la scène garage toute entière.
Il faut écouter “ Run Away “, ce titre d’ouverture aux faux airs de tube,
pour appréhender les dimensions infinies du “ Vortex ” Kaviar Special.
Le son de chaque instrument semble léviter, jouant habillement avec
les lois de la pesanteur et des fréquences. Les onze titres de l’album
sont abrasifs et collants à la fois, telles des décharges électriques qui
t’engourdissent le corps. Tandis que “ The Draugr ” et “ Busted ” prennent
les traits d’étoiles filantes en pleine crise de tachycardie, “ Roadhouse ”
sonnerait parfaitement en bande-son d’une sanglante scène d’un film
de Quentin Tarantino. Une volonté de multiplier les ambiances qui se
retrouve avec “ Back to School ”, cette languissante complainte pop où
le groupe montre qu’il peut tout à fait contrôler son énergie, élargissant
par la même occasion la palette de son répertoire.
Mais bien au-delà de la griffe Kaviar, “ Vortex ” est cet album où le
potentiel des Rennais est exploité à son maximum. C’est en mettant
en parallèle les deux instrumentaux de la discographie du groupe que
l’on s’aperçoit du chemin parcouru. Quand celui de 2013 s’arrêtait à
l’intention de révolte, son cousin de 2018 est un coup d’Etat sonore.
Aujourd’hui, chaque titre a l’excellence comme miroir et c’est peu dire
que ce reflet n’est pas donné à tout le monde. “ Vortex ” signe la fin des
allégeances outre-atlantistes. Désormais, c’est devant nos nouveaux
rois bretons qu’il faudra ployer le genou.
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MORE INFOS :
https://www.facebook.com/KaviarSpecial/
http://www.howlinbananarecords.com/


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