Nantes

Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Current show

Background

La revue de presse du 27 mars 2019 – L’adoption européenne de la directive ‘droit d’auteur’

Written by on 27 mars 2019

Nous abordons la directive ‘droit d’auteur’ de l’Union Européenne, adoptée en plénière hier.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre cette réforme du droit d’auteur le week-end dernier dans toute l’Europe. Les manifestants réclament la suppression de l’article 13, qui impose aux plateformes de filtrer les contenus protégés par des droits d’auteurs. Les chroniqueurs évoquent les effets potentiels de la réforme sur le Web, mettant en danger la liberté du contenu et des utilisateurs.

La mobilisation contre la directive sur le droit d’auteur n’en a pas compris les véritables enjeux, estime Denik. Pour le quotidien libéral tchèque, il ne saurait être question de censure :

« Google, Facebook et consorts s’accaparent le journalisme de qualité, le commercialisent à leur profit et réalisent des gains considérables par la vente de publicités personnalisées. Une grande part de ces recettes publicitaires ne revient donc pas aux éditeurs et aux journalistes. Cela n’a rien à voir avec de la censure en ligne. Les appels de ceux qui veulent ‘défendre Internet’ ne servent que les intérêts commerciaux des géants technologiques de ce monde. »

En France, pour Le Quotidien, ce sont aussi les GAFA, et non la directive « droit d’auteur », qui représentent une véritable menace pour la liberté d’Internet :

« Pour les artistes et les auteurs dont le travail n’est pas payé, cette façon d’agir est synonyme de toujours plus de précarité sociale. … Les pionniers du net rêvaient d’un espace totalement libre, gratuit et pareillement accessible à tous pour en faire un outil démocratique à l’échelle mondiale, un outil au service des peuples. Des artistes et intellectuels plaident toujours pour cet internet sans contrainte et sans argent. L’intention est louable et mérite d’être ralliée. Mais elle n’est en aucun cas celle des multinationales américaines pour qui l’internet est un espace de profit. Et rien de plus. »

Mais en Allemagne tagesschau.de s’irrite de la façon avec laquelle la directive est promue contre vents et marées. C’est le coup à se mettre les jeunes à dos titre le portail web :

« L’argumentation de l’UE suivie est la suivante : ‘Nous sommes les seuls adultes dans la salle et les critiques ne sont que des enfants terribles d’Internet, qu’il serait sot d’écouter’. Si l’on veut continuer à attiser la grogne, surtout, ne changeons rien. Juste avant les européennes, le Parlement se met à dos un électorat majoritairement jeune et pro-européen. On lui donne l’impression que d’autres décident à sa place de lois cruciales à ses yeux. Ces autres ? Des eurocrates soumis aux lobbys, terrés dans des bureaux équipés de fax, et disposant de leur propre chargée de comm’ sur Twitter. Il faut que l’Europe réforme de toute urgence le droit d’auteur, mais pas de la sorte. »

Pour Cyrille Dalmont et Jean-Thomas Lesueur, de l’Institut Thomas-More, le débat tout entier est obsolète. Tous deux doutent que la réforme mette fin au débat sur la propriété intellectuelle :

« Si médias, journalistes, artistes, et plus globalement créateurs en tout genre, peuvent se réjouir de ce compromis, ils ne devraient le faire ni trop fort ni trop longtemps. C’est une bataille qu’ils sont en passe de remporter, selon toute vraisemblance, mais pas la guerre. Car la guerre des ‘droits d’auteur’ est devant eux. D’abord parce que les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) visés par la directive, vont s’empresser d’accroître le développement de leurs propres médias … . Ensuite parce qu’il est bien possible que la notion de ‘droits d’auteur’ elle-même soit bientôt obsolète, avec la généralisation de la création automatique de contenus par des intelligences artificielles. »

Avec euro|topics.


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *