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La revue de presse du 1er avril 2019 – Volodymyr Zelenski en tête des présidentielles Ukrainiennes

Written by on 1 avril 2019

Simon Marty et Alexandra Georges-Picot reviennent sur la question des présidentielles Ukrainiennes : quels protagonistes pour le second tour ?

Les Ukrainiens ont été appelés à élire un nouveau président dimanche. La semaine dernière, dans les sondages, le comédien Volodymyr Zelenski devançait le président sortant Petro Porochenko et l’ex-Première ministre Ioulia Timochenko. En effet, il a obtenu 30 % des voix, un score dans la fourchette haute de ce qui était prédit, et a largement devancé ses deux adversaires qui ont obtenu 18 % et 15 % des suffrages respectivement. Les chroniqueurs évoquent l’impact de la guerre avec la Russie et se penchent sur le phénomène Zelenski, avec un regard vers le second tour prévu le 21 avril.

Un nouveau Beppe Grillo
Dans Le Figaro, l’expert en géopolitique Cyrille Bret juge que le comédien n’a rien inventé. Wolodymyr Zelenski allait au moins arriver au second tour.

«Rejet des élites traditionnelles, méfiance envers les oligarchies, érosion des clivages habituels et émergence de figures inattendues, voilà une tendance qui se manifeste partout dans l’Union. Par-delà le rapprochement avec la candidature Coluche en 1981, la figure de Beppe Grillo est la plus pertinente pour analyser le phénomène Zelenski, homme de spectacle sans expérience politique, créateur d’un mouvement politique en rupture avec les partis classiques, censeurs des élites installées. Par sa jeunesse, Zelenski peut aussi rappeler certains leaders qui ont émergé en Espagne, avec Pablo Iglesias, en Pologne avec Robert Biedron et, bien sûr, en France avec Emmanuel Macron.»

Ce qui a changé
Le quotidien conservateur lituanien Lietuvos žinios fait valoir que les présidentielles ont divergé des précédentes sur un point :

«Depuis la déclaration d’indépendance de 1991, toutes les présidentielles pouvaient se résumer à un choix entre deux orientations géopolitiques. Entre Ouest et Est. Le pays était divisé en deux parties égales et un candidat ne pouvait l’emporter qu’en séduisant les électeurs de l’autre camp. Bien souvent, il y parvenait en dévoilant des faux pas de son adversaire. … Mais après 2014, depuis l’annexion de la Crimée pro-russe par la Russie et le début d’une guerre hybride dans le Donbass, les candidats pro-russes n’ont plus aucune chance. Vladimir Poutine voulait ramener l’Ukraine dans l’orbite russe, mais c’est tout le contraire qu’il a obtenu. Même dans les régions anciennement considérées comme pro-russes, beaucoup de gens voient aujourd’hui Poutine comme un agresseur.»

Porochenko n’a pas su offrir de nouvelle perspective aux Ukrainiens
L’économie ukrainienne est au point mort. C’est ce qui a porté préjudice au président Porochenko, analyse Rzeczpospolita, le quotidien polonais :

«Porochenko avait promis une nouvelle vie aux insurgés de Maïdan. Or en réalité, les conditions de vie se sont détériorées et il y a encore des scandales de corruption. … En janvier, le salaire moyen en Ukraine tournait autour de 9.000 hryvnia [un peu moins de 300 euros]. Soit le niveau des salaires de 2013, avant la révolution de Maïdan, l’annexion de la Crimée par les russes et l’agression dans le Donbass. Le prix du mètre cube de gaz en Ukraine a été multiplié par huit depuis 2014, et celui des denrées de première nécessité a au moins triplé.»

Hors, selon Izvestia en Russie, peu importe qui remportera les élections:
Si le problème numéro un de l’Ukraine est sa situation économique, les programmes des trois favoris ne se différencient guère sur ce point :

«Ils ne cessent de rabâcher que la ‘coopération fructueuse’ avec le FMI et l’approfondissement et l’élargissement des relations commerciales avec l’UE sont sans alternative. … Au vu des données officielles sur l’économie ukrainienne, on peut toutefois dire que sans changements structurels radicaux et sans réorientation vers les marchés traditionnels dans les cinq années à venir, il ne faudra pas s’attendre à une évolution positive – et le pays restera un pays du tiers monde. Dans ce contexte, le choix entre Zelenski, Porochenko et Timochenko n’est pas décisif, car leurs positions sur l’économie ukrainiennes sont connues et ils ne prévoient pas de changements radicaux.»

Rendu possible par euro|topics.


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