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La revue de presse du 3 avril 2019 – Un coup de semonce pour Erdoğan ?

Written by on 3 avril 2019

Simon Marty et Alexandra Georges-Picot reviennent sur la question des municipales turques : un coup de semonce pour Erdoğan ?

Au lendemain des municipales en Turquie, l’AKP du président Recep Tayyip Erdoğan reste la première force du pays. Dans les grandes villes toutefois, il a dû essuyer plusieurs revers : à Ankara, Izmir et Antalya, l’opposition a devancé l’AKP. Elle a également gagné sur le fil la municipalité d’Istanbul. Si certains éditorialistes y voient les signes avant-coureurs d’un changement, d’autres font valoir qu’Erdoğan n’est pas près de céder le pouvoir.

 

L’AKP sur le déclin

Pour le quotidien autrichien Kurier, ces municipales pourraient bien marquer le début de la fin de l’ère d’Erdoğan :

« Dès le référendum de 2017 sur l’introduction du système présidentiel, ménageant au chef de l’Etat des pleins pouvoirs étendus, Erdoğan n’avait pas su mobiliser de majorité à Ankara, Istanbul ou Izmir. En Turquie, les municipales ont toujours été un baromètre fiable des évolutions politiques futures. De ce point de vue, le scrutin de dimanche pourrait sonner la fin de la domination de l’AKP. … Si l’opposition a de bonnes raisons de se sentir portée par un vent ascendant, elle aurait tort de se réjouir trop tôt. Car Erdoğan est un battant qui ne baisse jamais les bras. Et le temps joue en sa faveur : il n’y aura pas d’élections ces quatre prochaines années. Si l’économie reprenait du poil de la bête d’ici là, il pourrait reprendre le dessus. »

 

L’erdoğanisation, un processus imperturbable

En Roumanie, sur le portail de blogs Contributors, le politologue Alexandru Damian estime pour sa part que l’emprise du président sur le pays n’a pas été ébranlée :

« Il est vrai de dire que le résultat du scrutin est un coup dur pour l’AKP, mais ce n’est que la moitié de la vérité. L’autre vérité, c’est que l’alliance de l’AKP et des nationalistes du MHP a su mobiliser plus de 50 pour cent de toutes les voix (44 pour cent pour l’AKP, 7 pour cent pour le MHP). Un résultat comparable à celui des législatives de 2018. … Erdoğan conserve suffisamment de leviers de contrôle. Il peut se retirer du devant de la scène – dans son discours post-élections, il s’est montré plutôt conciliant pour un autocrate qui, pendant sa campagne, voyait des ennemis partout – et poursuivre sa politique d »erdoğanisation’ de la Turquie. »

 

Le peuple recherche le consensus

Le peuple turc a exprimé son besoin de modération et d’équilibre entre le gouvernement et l’opposition, analyse Karar, l’un des quotidien conservateur du pays :

« Cette situation, avec un parti au niveau central et de nouveaux acteurs au pouvoir au niveau local dans un certain nombre de villes, sera une épreuve décisive pour le système présidentiel. Cette nouvelle situation exigera un consensus et l’élaboration d’une stratégie commune. Tous les dirigeants politiques, Erdoğan le premier, devront veiller au bon fonctionnement du système, en dépit de tout ce qui les sépare. L’électorat a effectué un discret ré-aiguillage pour souligner la fonction de contrôle qui incombe au système.»

Rendu possible par euro|topics.


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