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La revue de presse du soir du 8 avril – Commémoration du génocide rwandais

Written by on 8 avril 2019

25 ans plus tard, la presse européenne revient sur le génocide des Tutsis au Rwanda, sur les événements qui y ont menés ainsi que sur les responsabilités.

Il y est impossible de parler des responsabilités sans parler des excuses officielles du premier ministre belge, Charles Michel.

La poignée de main qu’il a échangé avec le dictateur rwandais Paul Kagamé est immortalisé en Une de De Morgen.

Et en titre la phrase en question : “La Belgique a une part de responsabilité dans le génocide rwandais”.

A Kigali, était aussi présent de nombreux responsables politiques, dont le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker.

Principal absent : Le président français, Emmanuel Macron. Représenté toutefois par le député français Hervé Berville, un orphelin des massacres.

Si la Belgique avait déjà présenté ses excuses officielles par la voix de Guy Verhofstat lorsqu’il était premier ministre, il y a de cela 6 ans, la France elle ne l’a pas encore faite.

Et c’est ce à quoi l’appelle l’écrivain et ex-officier Guillaume Ancel dans les colonnes du quotidien français, Le Monde. Je le cite :

“Nous avons livré des armes aux génocidaires, avant le génocide, pendant et même après. Ce sont aujourd’hui des faits documentés. …

Pourquoi nos décideurs inversent-ils les responsabilités ; pourquoi transforment-ils les bourreaux en victimes ?

Du fait de leurs décisions et de leur comportement, le président François Mitterrand, son secrétaire général Hubert Védrine, comme l’amiral Lanxade, son chef d’état-major des armées, nous ont mis dans une situation inacceptable : la France peut être accusée de complicité de génocide.

Et ce n’est pas en nous enfermant dans le déni qu’ils échapperont à leurs responsabilités, car c’est un déni de démocratie, un déni de la réalité et un déni de la vie.”

Un appel qui trouve un écho en Espagne sous la plume de la député socialiste Carlota Merchán Mesón. Dans le portait en ligne eldiario point es, elle déclare :

“Après le génocide, les Nations unies avaient déclaré que cela ne devait ‘plus jamais’ se reproduire.

Mais après le Rwanda, il y a eu Srebrenica, où huit mille personnes ont été exécutées, alors que la zone était sous protection internationale ; le Darfour, où quelque quatre-cent mil personnes ont perdu la vie ; la persécution des Rohingyas, plus récemment.

Or les événements ne surviennent pas subitement, à partir de rien ; on n’assassine pas un peuple du jour au lendemain. …

Je m’oppose à ceux qui prétendent que le non-interventionnisme est synonyme d’impartialité.

Et la députée de conclure : Il ne faut pas confondre la neutralité et l’équidistance vis-à-vis des bourreaux et des victimes. Car cela revient à prendre parti pour l’injustice.”

Pour conclure sur une note peut-être inquiétante, mais qui incite à réfléchir, on peut lire le quotidien finlandais Karjalainen qui tire des conclusions tout-à-fait actuelle sur les événements de 1994, on peut ainsi lire dans ses colonnes :

“On a incité les Hutus à commettre un génocide contre les Tutsis en recourant à un moyen encore largement utilisé de nos jours : l’incitation à la haine.

Avec force exagérations et mensonges, on a rendu les autres responsables de tous les maux. Les incriminations les plus invraisemblables, à force d’être continuellement ressassées, ont fini par paraître réalistes, voire authentiques.

Il faut que les Européens, Finlandais inclus, se gardent d’oublier le danger inhérent aux discours haineux.

Au Rwanda, la haine avait été diffusée verbalement, par le biais de la radio.

Aujourd’hui, de tels propos se propagent encore plus rapidement et de manière encore plus pernicieuse : nous vivons isolés dans notre propre bulle et nous ne savons pas forcément toute la vérité – nous ignorons ce qui se passe dans la bulle d’à côté.”

Rendu possible par euro|topics.

 


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