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Accents d’Europe

06:30 06:50

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BICHE (FRANCE)

Written by on 20 mai 2019

L’album européen de la semaine, c’est «LA NUIT DES PERSEIDES» de BICHE (FRANCE). Gagnez cet album en écrivant à musique(at)euradio.fr

ABOUT THE ALBUM :

Interview with Alexis Fugain from Biche :

 

« Qu’est-ce que la vie ? Un délire.
Qu’est-ce donc la vie ? Une illusion, une ombre, une fiction
[…] car toute la vie n’est qu’un songe, et les songes rien que des songes ».

Ces quelques mots n’ont pas été obtenus après la Google traduction d’une chanson
de Kevin Parker. Pas plus qu’il ne s’agit d’une réplique du Truman Show. Non.
C’est un extrait de La vie est un songe de Calderon (né et mort avant Twitter) et cela
résonne parfaitement avec La nuit des Perséides, premier album de Biche, fruit
d’un long rêve éveillé qui dure depuis 6 ans. Et qui donne aujourd’hui naissance à
cette flânerie où un héros imaginaire attend impatiemment chaque nuit, chaque
chanson, pour oublier la réalité.

Loin de toutes les comparaisons possibles (Tame Impala étant celle qui saute aux yeux pas encore fermés), Biche est
né en 2012 dans la tête d’Alexis Fugain. Avec ses quatre faons (dont Alexis Croisé
derrière le projet Mottomoda), il a fait sienne la devise de feu Pierre Barouh : « il
y a des années où on a envie de ne rien faire ». Conclusion : il aura fallu 6 ans de
divagations, ponctuées par le premier 45t La Nébuleuse de Sienne, pour arriver
à cet album. Biche, en clair, a pris son temps. Et cet éloge à la paresse besogneuse,
on le retrouve sur L’Essor (« passer du temps à ne rien faire / et bien le
faire ») ; un titre qui, en un roulement de batterie, permet à l’auditeur d’être transporté
dans les songeries du groupe. Est-il question de sous-marin jaune ou du lapin
blanc d’Alice ? Plutôt d’harmonies dont on saurait se souvenir au réveil, comme une rémanence.

Ayant échappé à la vague néo-psyché, elle-même emportée depuis comme un
ouragan, Biche a préféré lentement sortir du bois. Littéralement. C’est dans un studio
des Yvelines, entouré par la forêt, que le groupe est né et qu’il a su revenir à sa
langue maternelle après avoir, brièvement, tenté l’anglais. Ce qui n’empêche
pas de pouvoir dire, sans ciller, que La nuit des Perséides vise dans la même
direction que le Revolver des Beatles. Même soucis des arrangements, même obsession pour ces sons de guitares si
high and dry. Rajoutez ce son de basse qui, de Burgalat à Air a fait les beaux jours
de l’export français, et vous obtenez un « semi concept album » assez compact
pour s’écouter d’une traite mais suffisamment aéré pour qu’on y revienne, par
plaisir, pour le découper en tranches. Des graines de Todd Rundgren planquées
sous le Mellotron, des bouts d’effets garages à la Thee Oh Sees (sur Fugue), de
la pâte à la François de Roubaix bien malaxée,tout est là : ça vient juste de sortir
du four mais le temps aidant, rien ne sent le réchauffé.

Produit par Vincent Hivert et Alexis Fugain, qui signe également toutes les compositions,
ce premier album à la pochette si minimale (et tellement Blue Note)
contient également deux instrumentaux (Film noir et Mon morceau préféré). C’est
le temps nécessaire pour redescendre, revenir sur terre, puis repartir. En astronomie,
les Perséides désignent une pluie météores visible dans l’atmosphère
terrestre. Au rythme où vont les choses, chez Biche, cette étoile pas si filante est
faite pour durer. Ca devrait nous laisser le temps de tout apprendre par coeur.

THE VIDEO

MORE INFOS :

https://www.facebook.com/bichemusic/

https://bichemusic.bandcamp.com/


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