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« Bisbille italienne » – la revue de presse du 5 juin 2019 édition du soir

Written by on 5 juin 2019

Les européennes minent un nouveau gouvernement !
Cette fois-ci, c’est le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a menacé lundi de claquer la porte.
Il a demandé aux chefs de file de la Ligue et du M5S, Matteo Salvini et Luigi di Maio, de réaffirmer leur volonté de coopération.
Mais de l’avis des commentateurs, cet avertissement risque d’être un coup d’épée dans l’eau.

C’est un avis que les croates de Večernji list semblent partager :

“Même si Conte démissionnait, comme il a menacé mardi de le faire, dans l’hypothèse où la Ligue et le M5S continuaient à se disputer, cela ne marquerait pas la fin du cabinet.
Après Conte, on essaiera de trouver une autre marionnette, susceptible de tenir jusqu’à la fin de l’année ou jusqu’à l’adoption du budget de l’année prochaine.
Ce n’est qu’à ce moment-là, au printemps 2020, que l’on envisagera peut-être des élections anticipées.
Pour le moment, l’éventualité d’une dissolution du gouvernement ne convient ni à la Ligue, qui préfère continuer de ratisser les voix des autres partis de centre-droit, ni au M5S.”

Les néerlandais de De Telegraaf enfoncent le clou :

“Quoi qu’il en soit, des décisions difficiles devront être prises après l’été.

Il y aura du pain sur la planche.

Conte affirme être parvenu à grand peine à éviter, à la fin de l’année dernière, une procédure d’infraction de la Commission européenne contre l’Italie.

Il dit être déterminé à vouloir éviter cette perspective aujourd’hui encore, et donc à maintenir le déficit budgétaire sous contrôle.

Mais Salvini préfère défier l’UE.

S’il provoque des élections anticipées et reprend la barre à la place de Conte, on aura un nouveau gouvernement, d’extrême droite, en Italie.

Salvini ira dès lors à la confrontation avec Bruxelles.

L’UE se souviendra alors de Conte comme d’un Premier ministre honorable, avec lequel on pouvait dialoguer.

Et l’isolement de l’Italie ne fera que s’accentuer.”

Enfin, en Pologne, Rzeczpospolita gage que la réaction des marchés financiers aura le dernier mot dans le conflit :

“Pour l’heure, les marchés sont dans l’expectative.
Il est vrai que pour la première fois en dix ans, la prime de risque des titres obligataires italiens a dépassé celle des titres grecs, même si le taux de 1,8 pour cent (pour les emprunts sur cinq ans) reste inférieur à celui des titres comparables émis par la Pologne.
Mais avec des dettes de presque 2,6 milliards d’euros, une perte de confiance des investisseurs dans le programme de Salvini amènerait le ministre italien à obtempérer aux ordres de Bruxelles.
Faute de quoi il ne serait plus en mesure de financer le fonctionnement de l’Etat.”


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