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«De l’aide pour les kurdes et vite» Europe’s coming : Troisième saison, cinquième épisode

Written by on 11 octobre 2019

«De l’aide pour les kurdes et vite, ce sont nos sœurs et nos frères d’armes que l’on trahit »

Europe’s coming : Troisième saison, cinquième épisode

C’est une semaine particulièrement noire. Une de celles dont on se rappellera longtemps, une de celles qui restera dans les livres d’histoire, dans ces livres qu’auront à lire nos enfants et qui détermineront au final ce qu’ils penseront de nous, de notre action collective, ou plutôt de notre inaction.

La Turquie de Recep Tayyip Erdogan est partie donner une leçon aux kurdes. L’histoire se répète dans cette partie du monde ?

Oui, la trahison des alliés de guerre, des compagnons d’armes, on connaît. C’est l’histoire des Tonkinois, nos alliés vietnamiens abandonnés après Diên Biên Phu, c’est l’histoire des Harkis abandonnés de l’autre côté de la méditerranée après la guerre d’Algérie, c’est l’histoire plus récente des interprètes afghans que l’on refuse d’accueillir et qui se font trucider là-bas loin des caméras. Mais avec les Kurdes, on atteint un niveau d’indécence historique.

Les Kurdes étaient effectivement aux avant-postes du combat contre Daech ?

Oui, alors que l’Europe et l’Occident refusaient de mettre un pied au sol, que les pays de la région regardaient ostensiblement ailleurs, que les pétro-monarchies faisaient comme d’habitude les autruches maquillant mal, très mal le soutien financier indirect plus que probant que leurs propres ressortissants offraient à coup de millions de dollars à l’Etat islamique, ce sont les Kurdes qui firent le sale boulot. Eux sont allés sous les bombardements, eux sont allés au contact. Ils en ont payé le prix fort, le prix du sang. Plus de 35 000 personnes furent blessés ou tués dans leurs rangs. Ce nos sœurs et nos frères d’armes, nos compagnons de guerre les plus valeureux qu’on assassine actuellement.

60 à 100 000 personnes sont déjà sur les routes. Un exil général se prépare et déjà les premiers morts se comptent en dizaine.

Oui, et c’est à eux que vont nos pensées, à ces femmes en armes mises à l’honneur dans le film de Caroline Fourest actuellement au cinéma, à ces parents et grands-parents, à ces enfants martyrisés. Que doivent-ils penser de nous, de Trump en particulier. Cet âne qui restera dans l’histoire de l’Amérique comme le plus inculte, le plus aberrant des présidents américains. Une trahison par twitter, une trahison de son lit devant Foxnews en avalant un Big Mac, parce que les Kurdes n’auraient pas aidé les américains lors de la seconde guerre mondiale. Oui, vous avez bien entendu. La pensée humaine est en plein déclin. On ne le répètera jamais assez, voter compte, voter permet de sélectionner les meilleurs, les plus capables, les plus dignes. Voter pour les uns ou pour les autres engendrent donc des conséquences, et se paie cash. C’est au final aussi une leçon pour les américains, un avertissement pour nous les européens et toutes les démocraties du monde.

Trump a cédé devant Erdogan pour des raisons d’ordres purement financières de courtes vues, mais au fond que cherche Erdogan ?

L’Europe refuse de le dire, refuse de mettre les mots, le craint mais disons-le comme il faut le dire : Erdogan est un islamiste. C’est clair. C’est écrit. C’est indiscutable. Il ne s’en cache pas lui-même. Il a habilement liquidé l’héritage laïc de Mustafa kemal Atatürk en deux, trois mouvements, puis il a aidé DAECH. Je dis bien aidé, soutenu, guidé, protégé DAECH. Il a facilité le passage des européens et des combattants du monde entier vers l’Etat islamique. C’est donc peu dire que leur défaite fût amère pour lui. Depuis, il ne pense qu’à une seule chose : sortir les djihadistes, femmes et hommes, des geôles kurdes où ils sont détenus. On parle ici de 10 000 combattants dont 400 à 500 français. Et déjà, dans les prisons et les camps, les grabuges, les tentatives d’évasion et d’émeutes se multiplient dans une coordination avec les mouvements militaires turcs évidente. Enfin, et à plus long terme, Erdogan veut nettoyer ethniquement sa frontière. Il veut y installer des syriens non-kurdes pour étanchéifier sa frontière de la présence kurde et annihiler toute liberté du peuple kurde à l’autodétermination.

Que peut faire l’Europe dans ce contexte ?

Sauver son honneur, s’il lui en reste. La France en renforçant depuis plusieurs mois sa présence sur le territoire a eu le mérite d’anticiper un peu. Les allemands et les anglais peuvent aider. Mais c’est bien léger. Les paroles ne suffiront pas. Erdogan qui alimente la menace d’un exode vers l’Europe de plusieurs millions de réfugiés sait y faire. Il faut donc d’urgence passer à l’action. Passer à l’action dans les heures qui viennent avec ou sans les américains. Nous ne sommes pas démunis pour peu que nous sachions faire bloc : fin du processus d’adhésion à l’Union européenne, ce qui aurait dû être prononcé depuis belle lurette, rappel immédiat de tous nos ambassadeurs, sanctions commerciales massives, expulsion du sol européen des imams turcs, gel des avoirs financiers de tout l’appareil d’Etat Turc et de la grande famille Erdogan. Enfin, si le PKK se conduit mal, disons-le aussi aux kurdes. Le PKK a un devoir d’exemplarité dans sa lutte pour l’indépendance. Le combat sera civique et démocratique ou est perdu d’avance. Et puis les citoyens européens aussi peuvent et pourraient se lever. Les parisiens sont invités à rejoindre la place du Trocadéro demain samedi à 11H30. Sur Twitter, et les réseaux sociaux, en contribuant financièrement à l’aide de la riposte, tout le monde peut y aller de son geste. Car des solutions, il y en a. Cela passe par un Etat syrien d’essence fédérale. Et le fédéralisme comme la réconciliation nationale, on sait faire en Europe. Les européens ont donc une responsabilité devant l’état de ce monde si mal embarqué, une responsabilité politique et morale.


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