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Quel cap pour la Pologne ? La Revue de presse européenne

Written by on 16 octobre 2019

Le parti au pouvoir en Pologne, les conservateur nationalistes du PiS, a consolidé sa majorité aux législatives de dimanche.
Fort de 43,6 pour cent des suffrages, il pourra continuer à gouverner seul.
La Coalition civique, parti libéral-conservateur, est arrivée en deuxième position, avec 27,4 pour cent.
Quel cap le parti de Kaczyński devra-t-il suivre désormais ? Comment réagir du côté européen ? Telles sont les questions soulevées par les chroniqueurs.

Ne serait-ce que dans son propre intérêt, le PiS aurait tort de pousser trop loin le bouchon, estime la radio allemande Deutschlandfunk :

“Le PiS pourrait comprendre que tout le monde y perdrait.
Y compris lui même.
Car en cas de fléchissement de la conjoncture, les entrées fiscales baisseraient, il y aurait donc moins d’argent à partager et une politique autoritaire pourrait très rapidement susciter la haine générale.
Le PiS pourrait donc mettre à profit le mandat qui commence pour se déporter vers le centre et rechercher le compromis.
L’intérêt nouveau que les Polonais portent à la politique pourrait être très profitable à la Pologne sur le long terme.
Du moins certaines déclarations faites par des politiques du PiS le soir des élections nourrissent-elles des espoirs en ce sens.”
Le parti au pouvoir PiS a perdu sa majorité absolue au Sénat, la chambre haute du Parlement polonais.

Sur le portail polonais Klubjagiellonski.pl, le juriste Rafał Gawlikowski espère que cette chambre sera le théâtre de débats animés :

“La victoire de l’opposition au Sénat ne parviendra pas à bloquer les réformes du PiS, mais elle ralentira probablement le processus législatif dans son ensemble.
Car le Sejm, la chambre basse, peut rejeter les modifications apportées par le Sénat si elles sont votées à la majorité absolue.
Mais heureusement, l’action du Sénat permettra de ralentir quelque peu le rythme législatif observé ces quatre dernières années.”

En République Tchèque, le site Aktuálně.cz compare les résultats des élections en Pologne et en Hongrie :

“Les gouvernements d’Europe centrale savent qu’il est impossible de serrer la vis sans de généreux programmes sociaux.
La Pologne et la Hongrie envoient donc pratiquement le même message :
Chers démocrates libéraux de tous bords, vous aurez beau nous critiquer, essayer de nous traîner devant les tribunaux ou froncer les sourcils, tant que vous ne proposerez pas de programme économique et social solide dans vos pays pour contrer notre populisme, eh bien c’est nous qui gouvernerons.
Le message est valable pour toute l’Europe centrale, bien que les dirigeants de Tchéquie et de Slovaquie soient heureusement bien moins autoritaires.
L’impuissance de l’opposition démocratique est pratiquement la même dans tous les Etats du groupe de Visegrád.”

Enfin, en Suisse, le quotidien Le Temps explique pourquoi le PiS parvient mieux que les libéraux, au pouvoir entre 2007 et 2015, à transformer la prospérité économique de la Pologne en victoires dans les urnes :

“Son succès, Kaczyński le doit d’abord à cette santé économique.
Les libéraux peuvent se targuer d’être à l’origine de ce ‘miracle’, ils ne convainquent pourtant plus les Polonais. Il est important de comprendre pourquoi.
Le nationalisme du PiS prend souvent des accents détestables et la dérive autoritaire de Kaczyński (qui œuvre en coulisse) est dangereuse.
Il est toutefois un autre facteur qui explique ce succès des conservateurs :
la justice sociale. Les libéraux en parlaient, mais misaient sur le marché.
Le PiS a agi et les Polonais lui en sont reconnaissants.
Ce pourrait être une leçon pour l’Europe.”


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