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Les prétendants au cercle : L’édito de Louise Guillot

Written by on 21 octobre 2019

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont réunis à Bruxelles jeudi et vendredi dernier à l’occasion d’un sommet européen. Alors Louise, plusieurs sujets étaient au programme mais vous avez choisi d’éviter de parler du Brexit et de vous concentrer sur un autre thème qui a également créer beaucoup de débat entre les leaders européens.

Louise : oui, c’est cela Eugène. Ce matin je veux me concentrer sur des pays qui veulent rentrer dans l’Union européenne, plutôt que sur un qui souhaite en sortir. Le sujet que j’ai choisi et qui a aussi tenu la presse européenne en haleine tout au long de ce sommet européen, a été le refus du Conseil européen d’avancer sur la question de l’élargissement à la Macédoine du Nord et à l’Albanie. En effet, les pays ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la question de savoir s’il fallait ou non entrer dans une nouvelle phase de négociation et de discussion avec ces deux pays des Balkans dans la perspective qu’ils rejoignent un jour le club européen, comme cela leur a été promis.
Alors même si le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont souligné que ces deux pays ont fait de grands efforts depuis plusieurs années pour se conformer aux exigences de l’UE, cela n’a pas réussi à convaincre les pays, dont la France, qui ne sont pas favorables à ouvrir cette nouvelle étape pour préparer l’adhésion.

Mais si je comprends bien Louise, ça veut dire que la France peut bloquer le processus à elle seule ?

Louise : Oui, c’est ça Eugène. La question de l’élargissement de l’Union et de l’adhésion de nouveaux pays se décident à l’unanimité. Or, l’opposition de la France a été très critiquée par les autres partenaires européens. Je pense par exemple aux premiers ministres polonais, tchèque ou encore à la Chancelière allemande Angela Merkel, qui ont vivement regretté le blocage français. Car il faut bien comprendre que ce qui était en jeu ici n’était pas l’adhésion immédiate de la Macédoine du Nord et de l’Albanie. Il est évidemment impensable que de nouveaux pays adhèrent dans un futur proche alors même qu’on est en plein Brexit. Mais beaucoup ont vu dans cette décision comme un message négatif envoyé à ces citoyens des Balkans qui font des efforts depuis de plusieurs années pour réformer leur Etat.
Et les conséquences de cette décision du Conseil européen se sont immédiatement faites sentir puisque que le Premier Ministre social-démocrate macédonien, Zoran Zaev, a annoncé sa démission samedi et la tenue d’élections anticipées. Je pense que les mots de Donald Tusk sur Twitter invitant l’Albanie et la Macédoine du Nord à ne « pas baisser les bras » ne seront pas assez. Et je trouve intéressant que Jean-Claude Juncker ait lui parlé d’une « erreur historique », parce que ce rejet montre certaines contradictions des leaders européens. Je m’explique : dans le cas présent on manque de courage pour faire un pas vers la Macédoine du Nord et l’Albanie et leur montrer que leurs efforts peuvent payer ; mais d’un autre côté on manque également cruellement de courage face à la Turquie avec qui on refuse d’admettre qu’il faut arrêter toute perspective d’adhésion compte tenu des dérives autoritaires d’Erdogan.
Alors un sommet UE- Balkans occidentaux se tiendra à Zagreb en mai 2020 et Emmanuel Macron a aussi annoncé qu’il se rendrait bientôt en Macédoine du Nord et en Albanie. J’espère qu’à cette occasion il pourra donner des explications qui sachent convaincre nos partenaires des Balkans et qui puissent justifier cette criante contradiction, car pour le moment je trouve qu’elle n’est tout simplement pas justifiée.


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