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5 années à la tête de l’Europe : L’édito de Laura Mercier

Written by on 23 octobre 2019

Bonjour Laura, aujourd’hui vous allez nous parler du président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Du Conseil au Parlement, le luxembourgeois enchaîne les au-revoirs et dresse le bilan. Vous vous êtes lancé le défi de nous résumer ses 5 années de mandat en 3 minutes. Alors, prête ?

Laura : C’est parti ! Le mandat de Jean-Claude Juncker, en quelques chiffres ça donne : 596 réunions dans les institutions européennes, la création de 14 millions d’emplois, la baisse de 10% du chômage chez les jeunes, un record de 853 000 bénéficiaires du programme Erasmus + en 2018, quelques 15 accords commerciaux entrés en vigueur… bref, pour le bilan chiffré complet, rendez-vous sur le site de la Commission. Maintenant, les chiffres ne disent pas tout et je ne voudrai pas prétendre être capable de juger ce mandat, surtout pas en quelques minutes.

Alors Jean-Claude Juncker lui-même s’est essayé à l’exercice hier, à Strasbourg. Il a notamment fait part de ses déceptions, devant les députés européens. Ne pas avoir permis la réunification de l’île chypriote, ne pas avoir réussi à trouver un accord avec la Suisse ou bien encore, ne pas avoir pu achever la mise en place de l’union bancaire.

Finalement, la Commission Juncker, c’est à la fois l’adoption du Socle européen des droits sociaux et l’échec d’une politique migratoire durable et responsable. La Commission Juncker, c’est éviter, non sans mal, la sortie de la Grèce de l’Euro, mais c’est aussi le Brexit. La Commission Juncker, c’est une série d’amendes envers les GAFA et c’est aussi une série de réformes avortées au Conseil. Car si l’on veut dresser le bilan de la Commission, celui-ci passe aussi par la case du Conseil. On ne peut pas attribuer tous les maux de l’Europe et toutes les tergiversations des dernières années uniquement à la Commission. Je pense sincèrement qu’elle aurait pu faire davantage si elle n’avait pas été confrontée à l’opposition des États membres. Cela vaut par exemple pour la réforme du système d’asile européen qui illustre parfaitement l’inertie dont sont capables les États.

Eugène : Un bilan qui semble donc plutôt mitigé, à l’image des réactions des députés européens hier, à Strasbourg, pour ce que Jean-Claude Juncker appelait la « Commission de la dernière chance ».

Laura : Oui c’est vrai, mais Jean-Claude Juncker lui-même est resté prudent et mitigé quant au bilan de son mandat et de son équipe. Et je pense que c’est réaliste et positif de sa part : on serait naïf de se contenter de quoi que ce soit et on se doit d’être exigeant si l’on a à cœur de remettre l’Union européenne sur les rails. Et surtout, on devra l’être encore plus dans les années à venir.

Car si le Luxembourgeois a déjà entamé sa tournée des au-revoirs, l’Union européenne n’est pas encore prête à tourner la page de la Commission Juncker. Son mandat s’est prolongé d’un mois, pour l’instant, tandis que la Commission von der Leyen connaît des débuts difficiles. Finalement, ces cinq années nous ont amené à un temps d’incertitudes inédit pour l’Union européenne. J’ose espérer malgré tout que la Commission Juncker n’était pas notre dernière chance car il reste beaucoup à faire pour redonner un cap au projet européen et répondre aux défis qui sont devant nous.


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