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Le bilan de Mario Draghi à la BCE : La revue de presse européenne

Written by on 28 octobre 2019

Après huit ans à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi a quitté jeudi dernier l’institution de Francfort.

Christine Lagarde prend le relais.

Le mandat de Draghi a été marqué par sa politique d’assouplissement quantitatif, dont l’objectif était de stabiliser l’euro et de relancer la croissance.

Le bilan dressé par les éditorialistes est mitigé.

En Grèce, Draghi a surtout joué un rôle fondamental dans le sauvetage de l’euro, fait valoir le quotidien Kauppalehti :

“Au cours de son mandat de huit ans, Draghi a repoussé les limites de sa fonction.

Il restera dans les mémoires comme le défenseur opiniâtre de la monnaie unique.

Son légendaire ‘whatever it takes’ pendant la crise de l’euro en 2012 est entré dans l’histoire.

Draghi est loué pour avoir mis à profit tout l’éventail de mesures auxquelles la BCE permet de recourir.

On peut dire que Draghi a réussi à sauver l’euro.

Son intransigeance et le fait qu’il ait su empêcher la Grèce d’être expulsée de la zone euro ont conforté la confiance dans la devise européenne.

En dépit de ses acquis, il n’est pas parvenu à accroître l’inflation, bien qu’il ait injecté dans les marchés des sommes jamais atteintes jusque-là.”

Par contre, en Espagne, le quotidien El Economista dresse un bilan critique du mandat de Draghi :

“De nombreux économistes saluent son rôle dans le sauvetage de la Grèce.

Il a rendu l’euro plus compétitif et permis la création de nouveaux emplois.

Mais il n’est pas parvenu cependant à remplir la mission la plus importante de la BCE : maintenir l’inflation à un niveau tout juste inférieur à deux pour cent mais toutefois proche de ce plafond – pas une seule fois au cours de son mandat de huit ans.

A ceci s’ajoute le fait qu’il quitte un directoire plus divisé que jamais.

Plus d’un tiers des membres (dont la France) s’inquiètent de la politique d’incitation monétaire adoptée en septembre ; ils se sont prononcés contre sa mise en œuvre. Lagarde devra désormais surmonter ces divisions et ramener la zone euro à la normale.”

Au Pays-Bas, Draghi laisse derrière lui un legs délicat, juge NRC Handelsblad :

“Il a su mettre à profit le fait que tous les Etats membres de la zone euro disposent d’une voix équivalente au sein de la BCE – Malte a donc le même poids que l’Allemagne.

Lors de la réunion très controversée du mois de septembre, il a su mettre sur la touche des pays qui représentent à eux seuls la majorité de la population de la zone euro, de l’économie de l’UEM et du capital de la BCE.

Ceci n’a pas manqué de politiser encore plus l’action de la BCE, mais aussi l’institution en tant que telle.

Comme il a échoué à établir un socle large et solide sur lequel baser sa politique, Draghi a laissé les intérêts nationaux empoisonner le directoire.

Sa successeure aura fort à faire.”

Enfin, en Autriche, Wiener Zeitung explique pourquoi la politique des faibles taux sera maintenue :

“Jens Weidmann, président de la Bundesbank, ainsi que ses homologues dans plusieurs autres pays de la zone euro, clament qu’il est urgent de changer de politique ; le gouverneur de la Banque centrale autrichienne, Robert Holzmann, exige lui aussi un retour à une politique de stabilité monétaire.

Ils ont de bons arguments : la politique à taux zéro dépossède les épargnants, elle rend possible un financement public inadmissible – notamment dans les Etats de la périphérie méridionale, et enfin elle détraque les mécanismes de l’économie de marchés.

Mais soyons réalistes : il ne faut pas s’attendre à ce que les dissidents, partisans de la stabilité, s’imposent.

Car d’un point de vue purement arithmétique, ils sont – pour l’heure – minoritaires dans les instances décisionnelles de la BCE.”


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