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Les citoyens du monde sont dans la rue : La revue de presse européenne

Written by on 30 octobre 2019

Catalogne, Chili, Liban, Equateur, Hongkong : dans de nombreux pays et régions du monde, les citoyens descendent actuellement dans les rues.

La presse européenne se penche sur les causes profondes et communes de ces mouvements sociaux.

Par exemple, dans le quotidien ukrainien, Novoïe Vremia, l’économiste Jeffrey D. Sachs explique pourquoi le soulèvement gagne surtout les villes riches. Explication que l’on retrouve ainsi sous sa plume :

“En raison des prix très élevés du logement, la plupart des personnes sont éloignées des quartiers centraux et actifs et dépendent généralement de leur véhicule personnel ou des transports en commun pour se rendre au travail.

Elles sont donc particulièrement sensibles à l’évolution des prix des transports, comme l’ont montré les explosions de colère populaire à Paris et à Santiago.

La croissance économique sans justice ni préservation de l’environnement porte en germe le désordre et non le bien-être.

Nous avons besoin d’une offre beaucoup plus vaste de services publics, d’une redistribution plus conséquente des revenus des riches aux pauvres et d’investissements publics plus importants pour garantir un environnement durable.”

Le site turque T24, quant à lui, loue le pacifisme de cette contestation en ces termes :

“On note un autre point commun : il s’agit de manifestations pacifiques, toute violence leur est étrangère.

Chansons, airs populaires et danses sont devenus des armes.

A Santiago, capitale du Chili, les gens chantent des chansons de Victor Jara sur les balcons.

Au Liban, musulmans, chrétiens, druzes, yézidis et maronites, tous réunis sur une immense place, bras dessus bras dessous, entonnent ensemble la même chanson : le texte de la neuvième symphonie de Beethoven en arabe.”

Par contre, en France, Libération appelle les mouvements de protestation de par le monde à être plus constructifs, ce que l’on retrouve ainsi dans leurs colonnes :

“Ils expriment une rébellion spontanée, mais manquent dramatiquement de relais dans les partis et les corps intermédiaires.

Le dégagisme qui s’exprime dans toutes les langues est compréhensible, tant les élites traditionnelles ont pratiqué le culte de l’orthodoxie financière, la célébration des ‘premiers de cordée’ et l’austérité dogmatique.

Mais il débouche aussi, le plus souvent, sur le vide ou la démagogie.

Or, sans réformes, sans négociations, sans compromis, on n’aboutit à rien.

On occupe les rues, les places, les bâtiments symboliques.

Puis, faute de résultats tangibles, on rentre chez soi, amer et frustré.

Un mouvement social sans débouché politique est comme l’opium des révoltés, avec une terrible descente.

A la fin du printemps, il faut songer à moissonner.”

Enfin, Dans El Huffington Post, la version espagnole du Huffington Post, l’artiste militante Yolanda Domínguez critique ceux qui fustigent les manifestations. Ce que l’on retrouve ainsi sous sa plume :

“La justice sociale n’est ni une mode, ni un bon mot imprimé sur un T-shirt.

Ceux qui assimilent les mouvements politiques et sociaux de plusieurs générations à la consommation rapide ou à des accessoires de mode ne prennent pas la mesure de leur profondeur.

Dire qu’il s’agit de phénomènes passagers et triviaux dénote une incapacité à faire preuve d’empathie.

Si cela vous agace que les mêmes thèmes soient toujours à l’ordre du jour des débats de société – le féminisme, la justice sociale et les manifestations – vous devriez vous demander pourquoi cela vous agace.

C’est peut-être parce qu’ils vous rappellent que si vous ne faites rien, vous faites partie du problème.”

Artiste militante Yolanda Domínguez

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