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Rêve Européen : L’édito de Raluca Calin

Written by on 22 novembre 2019

Bonjour Eugène, bonjour chers auditeurs,

Beaucoup d’événements sont célébrés en Europe en cette fin d’année 2019 et c’est l’occasion idéale de vous parler du rêve européen !

Ah bon ? Carrément ? Tu parles du rêve politique ? Idéologique ? Car ça m’a plus l’air d’une utopie, sous cet angle …

Pour être franche…j’ai besoin de remettre les points sur le Ï sur la question européenne. Et je trouve que novembre et décembre 2019 est la meilleure période pour vous en parler, surtout de ma place de roumaine émigrée en France.
Il y a trente ans le rideau de fer tombait. Ça se passait entre novembre et décembre 1989. L’ensemble des régimes totalitaires tombaient un à un, comme les pièces d’un jeu de domino…ou plutôt s’écrasaient comme un château de cartes.
S’ensuit alors l’accaparation de ces pays fraîchement libérées par le système capitaliste. La Guerre froide est finie, et tout le monde a tendance à croire que les États Unis ont gagné. Ce qui n’est pas tout à fait vrai, ni tout à fait faux. Puisque certains pays de l’Europe Occidentale tentent de sauver la mise et s’accaparer ces nouveaux marchés par ce que l’on appelle ingénieusement aujourd’hui le « soft power ».
L’adhésion à l’Union Européenne fut pour ces pays de l’Europe Centrale et Orientale un rêve Humaniste. C’était accéder à la démocratie, à la liberté de pensée, à la liberté – tout court. C’était leur rêve européen. Eux qui en ont tant rêvé, ils pouvaient maintenant le vivre. Et dans les trente années qui ont suivi beaucoup de ces pays des blocs communistes ont intégré l’Union, avec ses idéaux et ses désillusions. Car la démocratie n’a pas que du bon et la façon dont ces pays l’ont vécu fut très violente. Aujourd’hui, les pays de l’Europe Centrale et Orientale, les défenseurs du rêve Européen d’union, de démocratie et de liberté exercent leur droit de libre arbitre et critiquent le système. L’enfant s’émancipe et remet en question la règle établie. Et les référents (à entendre les Pays occidentaux) accusent et pointent du doigt leur dissidence et surtout leur tendance fâcheuse à poursuivre un mouvement populiste (voire fasciste) car ils disent tout haut ce que les autres pays pensent tout bas.
Cependant, c’est sans jamais considérer leur vécu et leur construction en tant que nation. Vu de l’Ouest, on se contente de projeter sur eux notre model d’état nation, sans tenir compte de nombreux déplacements de populations liés aux massacres des guerres et régimes totalitaires. A titre d’exemple, les communautés hongroises et allemandes de Roumanie continuent à être stigmatisées et bien que le président soit issu des minorités allemandes, il ne reste qu’un Allemand !
Dans ces pays, coupés, découpés et mixés comme une macédoine, la population n’a de cesse de chercher à appartenir à une dimension ethnoculturelle. Et la crise migratoire augmente cette appréhension de l’outsider, comme dirait Howard Becker. Ainsi, le rêve européen est exercé dans la liberté de pensée et d’appartenance à une culture commune qui est celle de l’Europe : diversité linguistique, culturelle, ethnique et sociale.
Donc cessons d’accuser et de faire des amalgames. Ce ne sont pas les migrants qui font monter les populistes, et ils n’en sont pas plus nombreux à l’Est qu’à l’Ouest. C’est surtout que l’on voit plus facilement la paille dans l’œil de son voisin, plutôt que la poutre dans le sien.


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