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Hongrie et UE : le dialogue de sourds continue : L’édito de Laura Mercier

Written by on 11 décembre 2019

Bonjour Laura, ce matin vous voulez nous parler du dialogue de sourds qui dure depuis maintenant plusieurs années entre la Hongrie et l’Union européenne sur la situation de l’Etat de droit…

Laura : Oui, un dialogue de sourds qui s’est encore illustré hier. Ce 10 décembre avait lieu la seconde audition de la Hongrie, dans le cadre de la procédure de l’article 7. C’est le fameux article du traité de l’Union qui a été activé par le Parlement en septembre 2018.

Alors tandis qu’à Bruxelles, la ministre de la Justice hongroise devait faire état de la liberté d’expression, de la liberté académique et de l’indépendance judiciaire dans son pays, à Budapest, c’était business as usual.

Le Parlement a adopté hier un texte de 200 pages qui amende plus d’une douzaine de lois et met en œuvre de nouvelles restrictions à l’indépendance de la justice. Ce texte avait été soumis au Parlement sans consultation ou étude d’impact. Dès novembre, la Haute commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a critiqué le texte et ses conséquences.

Je crois que c’est la définition d’un dialogue de sourds…

Eugène : Et ce n’est pas tout… le gouvernement hongrois s’est trouvé une nouvelle cible et s’apprête à voter une énième loi très controversée pour contrôler le secteur de la culture.

Laura : En effet, cette fois-ci, c’est la liberté artistique qui est menacée par le gouvernement d’Orban. Un paquet de lois doit être soumis au vote aujourd’hui même et a pour but de renforcer le contrôle de l’État sur les théâtres financés par des fonds publics. Si cette réforme est mise en place, un ministre interviendra directement dans la sélection des directeurs de théâtre. Quoi de plus efficace pour empêcher la production de toute œuvre qui pourrait oser critiquer le gouvernement ?

Eugène : Justement, des manifestations ont eu lieu lundi soir en Hongrie pour protester contre cette nouvelle centralisation du pouvoir. Mais leurs chances d’être entendues sont faibles.

Laura : Oui, ils étaient plusieurs milliers lundi soir dans les rues de Budapest à protester contre cette loi. Il y avait des personnalités du monde culturel, de la scène artistique et également le nouveau maire de Budapest. Il y a aussi une campagne contre la nouvelle loi qui a été lancée sur les réseaux sociaux. Des acteurs, metteurs en scène, producteurs, y dénoncent ouvertement l’action du gouvernement. L’actrice Judit Pogany compare la situation actuelle à celle sous le régime communiste d’il y a à peine 30 ans. Une pétition a été lancée, il y a déjà plus de 45000 signatures.

Maintenant, il faut que la société civile qui se mobilise reçoive un message clair du soutien de la part de l’Union européenne, et que celle-ci arrête de tergiverser. Les entraves et les menaces envers l’Etat de droit, la liberté académique, la liberté d’expression et la liberté artistique sont évidentes et répétées en Hongrie.

D’ailleurs, en ce moment, dans le cadre des négociations sur la conditionnalité des fonds européens, l’Union européenne cherche à définir le concept de « défaillance généralisée de l’Etat de droit ». On en a un exemple très clair.


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