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Le gazoduc Turkstream : La revue de presse européenne

Written by on 10 janvier 2020

Pour une fois, ce n’est pas un sujet de discorde que l’on retrouve dans les pages de vos quotidiens de presse en europe. Mais quelle entente !

Les présidents de Turquie et de Russie, Recep Tayyip Erdoğan et Vladimir Poutine, ont officiellement inauguré en milieu de semaine le gazoduc Turkstream.

La conduite, longue de 930 km, traverse la mer Noire et alimente la Russie, mais aussi les pays des Balkans, en gaz russe.

De l’avis des éditorialistes, Moscou et Ankara ont de quoi se réjouir.

En Allemagne on juge que si la Turquie et la Russie marquent des points dans les Balkans avec le gazoduc Turkstream, l’UE ne peut s’en prendre qu’à elle-même.

C’est en tout cas ce qu’estime Michael Martens, qui couvre l’actualité de l’Europe du Sud-Est pour Frankfurter Allgemeine Zeitung :

“Moscou et Ankara mettent ainsi la main sur une partie de la sécurité énergétique de la mosaïque des petits Etats balkaniques. constate Michael Martens

Ce n’est pas une perspective rassurante pour l’UE.

Une influence qui s’étiole également car après le veto de Macron à l’ouverture de négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, l’Union n’est plus une perspective crédible pour les pays de la région.

Si l’UE, Berlin et Paris ne s’efforcent pas de jouer un rôle plus actif dans la région, ils seront condamnés à jouer les seconds couteaux dans les Balkans.”

En Russie, l’agence de presse d’Etat Ria Novosti loue le rôle du pays, qu’elle juge pacificateur, dans un contexte où se multiplient les menaces de guerre :

“Par son travail méthodique bravant imperturbablement les tempêtes, la Russie a une attitude exemplaire. Explique l’organe médiatique russe.

Son influence est suffisamment importante pour que les pays qui ont tendance à tenir des propos et prendre des mesures à l’emporte-pièce adoptent une position plus équilibrée et plus posée vis-à-vis d’elle.

C’est le cas, notamment, de la Turquie, qui, si elle se sent souvent offensée par la Russie en raison des nombreux différents qui opposent les deux pays (la question libyenne, dernier exemple en date), agit toutefois dans le cadre d’une coopération renforcée.

La Russie est devenue un nouveau centre ; elle est prête à empêcher le monde de sombrer dans le chaos, à ériger un nouveau système mondial.

Moscou propose à tous des règles simples : une coopération constructive basée sur le pragmatisme et le profit mutuel.”

Enfin, en Turquie, on juge que le nouveau gazoduc peut contribuer à limiter le risque de conflit entre les deux grands pays que sont la russie et la turquie. C’est en tout cas ce qu’assure le quotidien pro-AKP Daily Sabah en ces termes :

“La principale contribution de Turkstream et de projets similaires est la création de nouvelles relations économiques entre la Turquie et la Russie.

Si les liens de dépendance économique s’intensifient entre les deux pays, les conflits qui les divisent reflueront.

Car les deux États seraient perdants en cas de mésentente et de gel des relations.

Les leaders économiques exerceront en effet un travail de lobby auprès de leur gouvernement respectif afin de désamorcer les conflits.

Une bonne nouvelle pour la Turquie et pour la Russie, mais aussi pour l’OTAN.”


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