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Rejet du projet de loi pour les greffes : La revue de presse européenne

Written by on 20 janvier 2020

Ce matin, nous revenons avec la presse européenne sur un événement de la semaine précédente :

Le Parlement allemand a rejeté un projet de loi visant à lutter contre la pénurie d’organes disponibles pour les greffes.

Le texte prévoyait d’introduire un système selon lequel toute personne n’ayant pas explicitement exprimé son refus soit automatiquement considérée comme donneuse d’organe.

La situation reste alors inchangée : seuls les organes de porteurs ayant clairement donné leur consentement peuvent être prélevés.

La presse germanophone se fait le porte-voix de la controverse sur la question.

Directement en Allemagne, La rédactrice en chef de Frankfurter Rundschau, Bascha Mika, salue le vote des députés :

“Dans un domaine existentiel qui touche à la vie et à la mort, au sens propre du terme, [les députés] ont renforcé un droit humain fondamental. Explique-t-elle

L’Etat ne doit pas pouvoir disposer du corps humain, même s’il cherche à faire du bien et à réduire des souffrances.

Bien qu’il soit un devoir humain que de se battre pour la survie de patients désespérés en attente d’une greffe, la solidarité avec ces derniers ne doit pas empiéter sur le droit à l’intégrité physique”

En Suisse, Selon le quotidien Neue Zürcher Zeitung, l’Etat a le devoir de demander à ses citoyens de prendre position sur le don d’organes :

“Une démocratie est vivante si ses citoyens informés et actifs agissent de manière responsable et en toute connaissance de cause.

La liberté et la démocratie permettent d’avoir la capacité à évaluer la valeur et les conséquences d’une décision.

Il n’appartient pas à l’Etat d’imposer une opinion, mais son rôle est d’encourager la réflexion sur les sujets importants.

Toute restriction doit faire l’objet d’un examen permanent, et ne saurait servir à justifier des restrictions futures.

Une restriction peut toutefois aider à envisager la liberté de l’individu à la lumière d’un objectif supérieur.

Dans le cas actuel, cet objectif est la survie de milliers de personnes et l’Etat a l’obligation de s’engager pour tous les citoyens, sans oublier ceux qui sont malades.”

Enfin, En Autriche, le principe du consentement présumé est déjà appliqué pour le don d’organes. Le quotidien Der Standard regrette que le parlement allemand ait rejeté cette solution :

“On ne peut que regretter que le projet similaire [au principe régissant la question en Autriche] du ministre allemand de la Santé Jens Spahn n’ait pas abouti.

Car la décision allemande aura des conséquences sur toute l’Europe.

Ce pays aux technologies médicales avancées devra continuer à approvisionner en organes d’autres pays.

Dans le passé, la pénurie d’organes en Allemagne a déjà conduit à un débat peu appétissant sur des quotas.

Les principales victimes sont les nombreux malades sur liste d’attente.

La politique allemande aurait dû protéger les plus vulnérables de la société.

Elle a raté cette occasion historique.”


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