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Le Brexit, deux jours après : que va-t-il vraiment changer ? L’édito de Viviane Gravey

Written by on 3 février 2020

La date tant attendu pour certains, tant craintes pour d’autres est désormais passée : vendredi dernier, à 23h heure de Londres et minuit heure de Paris, le Royaume Uni est devenu le premier Etat membre à quitte l’Union Européenne. 

Cette sortie, on en parle depuis tant de temps, et en de tels détails, qu’on peut aisément oublier à quel point elle est importante. On savait, comme l’avait illustré entre autres les nons Français et Néerlandais au Référendum sur la Constitution Européenne en 2005, que le chemin de l’intégration européenne n’est pas aisé, voir peut se retrouver bloquer, se trouver forcer de ralentir. Mais le Brexit c’est tout autre chose – la preuve que l’intégration peut laisser place à la désintégration. Que l’intégration va dans les deux sens.

Mais malgré son importance, le Brexit est presque passé inaperçu dans la nuit de Vendredi à samedi. 

Pourquoi serait-il peu visible ?

Car en fait très peu de choses changent: contrairement aux craintes maintes fois exprimées l’an dernier, le Brexit va se faire avec un accord. Et qui dit accord dit période de transition : rien n’a changé, ou presque, samedi. 

Les mêmes lois sont en vigueur, le Royaume Uni continue à payer des contributions au budget de l’UE. Pas de visa nécessaire pour voyager, et les passeports animaux restent valables eux aussi. Le Brexit a lieu le 31 Janvier 2020, mais les réels effets sur l’économie britannique, sur les frontières ou sur le droit des citoyens européens se feront sortir à la fin de la transition, au 1er janvier 2021. Attention donc aux commentateurs allant trop vite à la besogne : Jean Luc Mélenchon qui félicite les britanniques de renationaliser (de manière partielle et temporaire) le ferroviaire, ou Marine Le Pen qui les félicitent d’avoir augmenté le salaire minimum, se trompent tous les deux de cibles. Ces deux actions sont compatibles avec le droit européen et ne nous dit rien de ce que le Royaume Uni ferra une fois la période de transition finie.

Alors qu’est ce qui change en pratique

Le plus gros changement est à Bruxelles – plus de représentation, ni de votes britanniques dans les institutions européennes : ni commissaire, ni parlement ni conseil ou cour de justice. Après avoir critiqué – très souvent à tort – le manque d’influence britannique, les politiques britanniques vont voir ce que cela signifie réellement d’être dans l’UE sans voix au chapitre.

Le plus gros changement britannique est la possibilité de négocier et potentiellement signer des accords commerciaux – ce qui ouvre un nouveau débat : Le RU doit-il d’abord négocier avec l’UE ou directement avec d’autres partenaires ? Dans quel ordre ? Si beaucoup de brexiters veulent voir le gouvernement négocier très vite avec les américains, les inquiétudes sont grandes. Le RU, sans réel expertise en négociations commerciales risque de se faire manger tout cru par les américains, négociateurs réputés. 

La seconde phase du Brexit est donc avant tout question de négociations commerciales ?

Ce sera en effet une grande partie de l’histoire. Mais il va aussi être question de préparer le Royaume Uni à la fin de la transition, et donc passer une loi agricole, une loi de gestion des pêcheries, une loi de protection de l’environnement, ou en fait 12 lois, 3 dans chaque gouvernement britannique, à Londres, Belfast, Glasgow et Cardiff… Si l’agenda des négociations internationales apparait chargé, l’agenda domestique britannique l’est tout autant. Mais là où le gouvernement britannique est en position de force en interne, contre les gouvernements régionaux et le parlement, il est en position beaucoup plus précaire vis-à-vis de l’UE et des Etats Unis. Le vague discours de Boris aujourd’hui confirme que pas grand-chose ne change : au sujet du Brexit le RU reste mal préparé, et toujours très attaché au bouc émissaire européen.


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