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Le traité de paix de Tartu : La revue de presse européenne

Written by on 4 février 2020

Pour cette revue de presse européenne nous partons cette fois-ci à l’est de l’Europe, en Estonie !

Le pays célèbre ce week-end en grandes pompes le centenaire du traité de paix de Tartu, par lequel la Russie soviétique reconnaissait l’indépendance du pays.

Or les frontières estoniennes actuelles ne correspondent à celles tracées jadis, ce qui soulève des débats aujourd’hui encore en Estonie et en Russie.

La polémique se reflète dans les médias des deux pays.

En Estonie d’abord, le ministère russe des Affaires étrangères a fait savoir que le traité de paix de Tartu était non valable et que l’Estonie était entrée de son plein gré dans l’Union soviétique. Sergueï Metlev, de l’Estonian Institute of Historical Memory, commente, dans les pages du quotidien Eesti Päevaleht :

“Il n’est bien sûr pas facile de reconnaître que la Russie soviétique, en tant que précurseure de l’Union soviétique, a perdu la guerre et a dû reconnaître un petit pays démocratique, qu’elle considérait depuis le XVIIIe siècle comme sa propriété.

La Fédération russe étant l’héritière juridique de l’Union soviétique, le traité de Tartu correspond à la réalité juridique et politique de la Russie.

Il ne faut pas se faire d’illusions – le traité de Tartu, avec tout ce qu’il implique, ne sera reconnu que quand l’équipe au pouvoir en Russie aura changé.”

En Russie cette fois-ci, En revendiquant un nouveau tracé des frontières, les politiques estoniens ouvrent la boîte de Pandore, prévient Ria Novosti :

“Puisque l’on déterre un document vieux de cent ans, caduc depuis longtemps, pourquoi ne creuse-t-on pas plus profond encore ?

Jusqu’au traité de paix de Nystadt par exemple, conclu en 1721, et en vertu duquel la Russie obtiendrait tout à fait légalement l’ensemble du territoire estonien actuel et une partie de la Lettonie (Riga incluse) ?

Et si l’on se penche sur les frontières tracées en 1920, alors les Lituaniens et les Ukrainiens devraient respectivement céder Vilnius et Lviv à la Pologne.

Et si l’on ne tient pas compte des frontières fixées après la Seconde Guerre mondiale, alors toute la Pologne occidentale reviendrait à l’Allemagne.

Or, étrangement, aucun des pays qui aiment réinterpréter les évènements historiques du XXe siècle ne veulent les aborder.”

Enfin, retour en Estonie, où les commémorations ont révélé les sensibilités divergentes quant à la politique extérieure du pays, comme l’écrit Toomas Sildam sur ERR Online :

“La présidente dit en substance que les territoires situés au-delà de la Narva [fleuve qui marque la frontière russo-estonienne] et autour de la ville de Petchory – territoires que le traité de paix de Tartu attribue à l’Estonie mais qui ont été incorporés à l’URSS après la Seconde Guerre mondiale – resteront russes et qu’il est vain d’en revendiquer la restitution.

Tout autre son de cloche venant du président de l’Assemblée, Henn Põlluaas, membre du parti [d’extrême droite] au gouvernement EKRE.

Il a déclaré dimanche qu’il ne fallait pas céder au souhait de certains milieux qui consentent à céder sans contrepartie des territoires dont le sol regorge de richesses naturelles et qui appartiennent juridiquement à l’Estonie.

Récemment, le Premier ministre, Jüri Ratas [Parti du centre] a même reconnu sur la chaîne ETV qu’il n’existait pas de consensus au sein du gouvernement sur le traité frontalier.”


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