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Longue semaine de négociations sur le budget : L’édito de Louise Guillot

Written by on 17 février 2020

Vous en parliez il y a quelques semaines déjà, mais les choses commencent à se préciser pour le cadre financier pluriannuel 2021-2027, n’est-ce pas Louise ?

Louise : Oui, les choses commencent lentement à se préciser Eugène, mais n’allons pas trop vite en besogne car cela pourrait nous jouer des tours. Comme vous le savez, depuis plusieurs mois déjà, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement négocient le prochain budget de long terme de l’Union européenne. Ces négociations sont très importantes puisqu’elles doivent fixer le montant du budget pour les sept prochaines années, mais aussi la contribution de chaque Etat membre et décider de l’allocation de ces milliards d’euros. Car oui Eugène, sur sept ans, on parle plutôt en milliards d’euros.
L’arbitre de ces négociations est le président du Conseil Européen Charles Michel, et je peux vous assurer qu’elles sont très tendues, notamment à cause du Brexit et à la fin de la contribution de nos amis britanniques au budget.

Eugène : Quels sont les développements de ces derniers jours Louise ?

Louise : Alors vous vous souvenez sûrement que Charles Michel a convoqué un sommet européen extraordinaire qui commencera ce jeudi et qui devrait durer au moins jusqu’à samedi, voire dimanche, si les 27 n’arrivent pas à se mettre d’accord. Et bien il a aussi publié ce samedi un document très attendu, je veux parler de la « budget negotiating box ». C’est un document très important parce qu’il contient une contre-proposition de budget par rapport à ce que la Commission européenne avait mis sur la table. Et cette contre-proposition doit normalement représenter un compromis acceptable pour les 27, mais rien n’est encore sûr. Loin de là. Après avoir parcouru cette « budget negotiating box » c’est qu’elle propose un budget global légèrement réduit par rapport à la proposition de la Commission, mais à l’inverse très proche de la proposition finlandaise, qui avait pourtant été vivement critiquée en décembre. On remarque aussi que Charles Michel fait un geste vers le Parlement européen en proposant de nouvelles ressources propres pour alimenter le budget, à savoir une taxe sur le plastique et les revenus excédentaires du système d’échange de quotas d’émissions de CO2.

Eugène : Mais plusieurs camps s’affrontent Louise ?

Louise : Oui, et la bataille fait rage car chaque chef d’Etat ou de gouvernement veut pouvoir rentrer dans son pays et dire qu’il a obtenu quelque chose de l’Union européenne. Alors, cela peut être une réduction de sa contribution nationale, la création d’un nouveau programme européen, ou encore plus d’argent pour telle ou telle politiques car elle est importante pour son Etat, on pensera par exemple à la politique de cohésion ou la politique agricole commune. Les Etats font évidemment leurs calculs en fonction de leurs intérêts nationaux, et moins en fonction d’un intérêt général européen qui dépasserait la somme des intérêts nationaux.
Mais je reviens à votre question Eugène. Oui, plusieurs camps s’affrontent. Nous avons d’un côté les pays d’Europe de l’Est et certains du sud qui veulent préserver les fonds alloués à la politique de cohésion car ces fonds représentent une part importante de leur investissement dans les infrastructures et le développement régional. Mais cet argent est aussi essentiel pour eux pour financer la transition verte afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Et d’un autre côté, nous avons le groupe de ceux qui ne veulent pas payer plus. Il sera donc difficile de leur faire accepter un budget qui serait supérieur à un pourcent du produit national brut de l’Union européenne. Comme vous vous en doutez Eugène, la négociation sera dure et le sommet risque de s’éterniser


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