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Coronavirus : nos témoignages au cœur de l’Europe

Written by on 13 mars 2020

Nous avons mobilisé ce jeudi soir nos correspondants à travers l’Europe et la planète pour vous faire vivre de l’intérieur l’épidémie de coronavirus qui n’épargne aucun pays. De la Corée du Sud à Oxford la population est prévenue directement sur son smartphone de chaque nouvelle personne infectée et de sa localisation. L’Italie est à l’arrêt, l’inquiétude grandit en Allemagne, Espagne, Roumanie et plus modérément au Royaume Uni.


Au plus loin de nous en Corée du sud, Benjamin Ringuet nous raconte la vie ralentie de Séoul :”rues moins animées, restaurant en mal de clientèle, usagers du métro tous armés de masques. Depuis l’explosion des cas il y a trois semaines, difficile de reconnaître la frénétique capitale coréenne, car au pays du matin calme le mot d’ordre est prévention. 15 000 tests de dépistage sont effectués chaque jour ; plus de 200 000 depuis le début de la pandémie. Les autorités ont également émis des consignes de limiter les interactions sociales, consignes respectées par la plupart des coréens Des alertes sont envoyées sur les portables de tous les habitants à chaque nouveau cas. Messages qui retracent le parcours de la personne infectée. Les Coréens usent de leur savoir-faire technologique pour répondre à la pandémie. Seule ombre au tableau, un nouveau foyer d’épidémie est en train d’apparaître à Séoul jusque-là épargnée“.
En Amérique du nord, Alexandre Debray: “Face à la maladie, le Québec interdit tout déplacement aux membres de la fonction publique et déconseille les voyages à l’étranger. Pas d’interdiction de rassemblement sur les places publiques pour l’instant, mais la prudence est de mise. A Montréal et Québec on aperçoit peu de masques mais certains magasins demandent aux employés de signaler tout contact avec des ressortissants de pays infectés. Les championnats du monde de patinage artistique prévus la semaine prochaine à Montréal sont annulés. Le Québec songe à fermer école et université“.
En Amérique du Sud, Valentine Jubé est à Sao Paulo au Brésil : “le virus est arrivé depuis la fin du carnaval, vers le 24-25 février à peu près. Pas d’événement annulé pour l’instant. Mais nous ici on va rentrer dans l’automne et dans l’hiver, il va faire de plus en plus frais, le virus pourrait se propager plus facilement qu’avec les températures chaudes qu’il a fait.”

En Europe chez nos voisins allemands, on retrouve en Saxe Alexia Echerbault : “Malgré le peu de cas de personnes malades ici à Leipzig la population reste prudente puisqu’il faut s’armer de patience pour trouver un gel désinfectant pour les mains. Les pharmacies et les supermarchés sont en rupture de stock. C’est surtout la vie culturelle qui est fortement impactée. La foire de Leipzig, la 2ème plus grande du pays foire du secteur de l’édition, est annulée pour éviter tout risque de contamination. Pour les étudiants, le semestre qui devait commencer en avril, est reportée d’au moins un mois.” Plus au nord à Stuttgart, Lily Mohelska : “Ici il n’y a pas trop de bruit sur le sujet sauf dans les médias. Si on se met à tousser on suscite des regards. Le ministre de la santé de ma région déconseille de voyager“.
Situation plus angoissante en Roumanie, selon Julien Boyer : “Pour la Roumanie la situation est assez stressante. Le coronavirus est arrivé assez récemment, par l’Italie, où il y a une importante diaspora roumaine. Le gouvernement est assez inquiet. Tous les établissements scolaires sont fermés pour deux semaines minimum. Toutes les personnes qui viennent d’Allemagne, de France, d’Espagne et d’Italie par avion sont mises en quarantaine forcément. Les gens sont assez stressés. Il n’y a plus du tout de masques, de gel hydroalcoolique. Il n’y a plus de papier toilette non plus !”


L’Italie est à l’arrêt. Davide Lobina est en Sardaigne “On est en train de vivre une situation surréaliste. On ne peut pas sortir de chez nous parce que c’est interdit par la loi. Tous les magasins sont fermés sauf ceux alimentaires. Il n’est pas possible de sortir de chez nous sans raison spécifique, qu’il faut préciser à la gendarmerie quand on la voit dans la rue. On ne peut sortir de chez nous que pour acheter des choses à manger, des médicaments ou pour aller travailler. Sinon c’est interdit. L’Etat a pris des mesures qui sont très fortes et plutôt bien acceptées, même si elles signifient pour nous une limitation de nos libertés assez importante.”
Au nord de l’Italie Riccardo Lucarno s’est isolé : ” Je me suis confiné dans ma vieille maison de famille dans les Alpes, qui est à cent kilomètres de la France. J’ai voulu m’isoler parce que la mère d’un ami à moi a été testée positive il y a trois semaines. Son fils, mon ami a été finalement testé négatif, donc ça va. Ici dans le village il n’y a pas un vrai supermarché, donc j’achète la nourriture qui est dans les fermes. Il y a beaucoup de contrôles faits par la police dans les rues. Croyez-moi ce serait mieux pour tous si plusieurs pays en Europe faisaient la même chose que nous.”

L’italienne Mélissa Colussi est bloquée à Bruxelles : “Ryanair et Brussel Airlines ont annulé les vols vers l’Italie jusqu’au 8 ou 9 avril. Il y a beaucoup d’actions pour rembourser ou reporter les vols. J’avais un vol pour la semaine prochaine et je vois avec Brussel Airlines comment ça va se terminer.”
Iztiar Silvestre est à Valence :”Il y a des cas et les festivités de Fallas qui devaient commencer le 15 mars sont annulées. Sinon la situation est normale dans les rues. Les bars sont pleins, les gens vivent normalement. Une sorte d’hystérie collective s’est étendue quand même dans certains supermarchés, où certaines personnes ont dévalisé certains produits comme le papier toilette, les viandes ou les boites de conserve. Il y a de nombreux établissements gérés par la population chinoise à Valence. Ils ont décidé de fermer devant les recommandations du gouvernement chinois.”
Au Royaume-Uni, Alexandra Georges Picot ” A Oxford c’était la panique totale, dans les rues, tout le monde ne parlant que de ça. C’est parce qu’on reçoit tous les jours des nouvelles de l’université, par email, par texto. A chaque fois qu’un cas est confirmé on nous dit exactement où il est situé ce qui nous donne un sentiment anxiogène. C’est encore beaucoup de prévention ici au Royaume Uni, un état qui essaye de rester discret pour ne pas semer la panique. Et beaucoup d’humour autour du fait que le premier membre du gouvernement britannique à avoir contracté le virus est la ministre de la santé !”


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