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Face au coronavirus, l’UE s’organise

Written by on 23 mars 2020

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, proposait hier un tutoriel dominical sur le lavage de main, via son compte Instagram. Mais que font véritablement les institutions européennes pour la lutte contre le Covid-19 ? Quelques éléments de réponse, signés Marius Renaudet.

Alors que les mesures nationales fleurissent à l’échelle européenne, pour lutter contre le Covid-19 ; qu’en est-il de la réaction de l’Union européenne ? Retour sur une semaine, au départ hésitante.

Si la première quinzaine de mars a surtout fait briller l’Union par sa désunion, les institutions européennes semblent avoir redressé le cap, la semaine dernière, avec quelques mesures marquantes.

Mardi, la fermeture des frontières extérieures de l’espace Schengen, a été adoptée. Une mesure portée par la Commission de Madame Von der Leyen, pour une durée minimale de 30 jours. Expatriés européens, diplomates et personnels soignants étrangers peuvent toujours entrer dans l’espace Schengen. Dans le même temps, la Commission a annoncé la création d’une réserve stratégique de masques et de respirateurs artificiels. 50 millions d’euros ont d’ores et déjà été promis. Une fois constitués, ces stocks seront sous la responsabilité des pays membres, volontaires pour les gérer. Priorité sera donnée aux pays subissant le plus la pénurie de matériel médical. Le futur vaccin contre le Covid-19 devrait rejoindre les rangs de cette réserve, dès sa commercialisation prévue à l’automne. La Commission a d’ailleurs mis sur la table 80 millions d’euros pour soutenir le laboratoire allemand CureVac ; a priori le plus avancé dans ses recherches.

Par ailleurs, côté économie et finance, l’UE fait une croix temporaire et inédite sur l’un de ses critères de convergence. Adoptée à Maastricht, la règle du déficit intérieur, inférieur à 3% du PIB national, est elle aussi mise en quarantaine. Et mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé avoir débloqué 750 milliards d’euros pour venir en aide à notre modèle économique capitaliste.

Mais la réponse de l’UE s’est fait attendre. L’Italie, pays le plus touché depuis le début de l’épidémie, n’a donc pas hésitée à accepter l’aide chinoise, cubaine et russe. Un constat qui en dit long sur la “force de frappe” de l’Union en temps de crise. Même si la santé reste une prérogative des gouvernements nationaux, c’est dans ces temps difficiles que l’Union européenne a une chance de tirer son épingle du jeu et de réinventer son modèle de fonctionnement. Et Bruno Le Maire de rajouter vendredi que si l’UE ne ressert pas ses rangs, “elle ne s’en remettra pas“. Le Conseil européen prévu vendredi, par visioconférence, devrait permettre de ressouder l’Union, si l’on en croit certains experts. Toutefois, les mesures prises par l’UE doivent se conjuguer avec une réaction politique forte, de la part des exécutifs nationaux.

Et justement en Allemagne, la Sarre et la Bavière ont fait le choix du confinement ; à l’instar de leurs voisins continentaux. Deux États fédéraux auxquels s’ajoutent la Grèce, depuis ce matin. Mais ces mesures de protection nationale n’empêchent pas une certaine solidarité entre partenaires européens. L’Allemagne semble particulièrement résistance, au regard du faible taux de létalité du virus sur son territoire. Ses hôpitaux limitrophes de l’Alsace accueillent donc, depuis ce week-end, des patients français atteints du virus. Une façon de désengorger les structures du Grand Est. Le Luxembourg et la Suisse ont également promis hier d’apporter leur aide, et ce dans les plus brefs délais.


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