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« Les éboueurs ont peur d’aller travailler »

Written by on 23 mars 2020

En période de confinement, le ramassage des déchets est un enjeu d’autant plus décisif pour éviter la propagation voire l’apparition d’autres maladies. C’est pourquoi les institutions ont près rapidement communiqué sur le sujet. Aux dépens, parfois, des salariés, comme ceux de Pizzorno dans la région lyonnaise.

Avant l’épidémie de corona virus c’était déjà un enjeu sanitaire majeur, en particulier en Italie, où Rome et Naples ont déjà vécu une crise du ramassage l’an dernier. A Lyon, la Métropole a pris les devants en réorganisant la collecte des déchets. Problème en bout de chaîne, les salariés de certains prestataires se retrouvent très exposés ,comme l’explique Judicaël Dissaké, délégué syndical sud-solidaire chez Pizzorno :

Mettre en place si possible des masques, des gels, pour qu’on puisse se nettoyer les mains. Parce que dès qu’on est sur une tournée on n’a pas de point d’eau on n’a pas de savon. A 4h30 au départ, tous les salariés ont peur d’aller sur leur tournée. Ils ont peur pour eux, pour leur famille. Il y a des pères qui ont des nouveaux-nés, il y a beaucoup de salariés qui vivent avec leurs parents. Moi-même ma maman est diabétique, j’ai peur de lui ramener ce virus et que je la retrouve à l’hôpital parce que Pizzorno nous impose d’aller travailler sans nous protéger.”

Chaque soir les salariés rentrent chez eux avec leur tenue de tournée. Ils doivent se débrouiller pour la laver sans contaminer leurs proches. Malgré tout cela ils n’osent envisager de se mettre en grève : “on va tout faire pour ne pas en arriver là, par contre il faut qu’on nous entende et qu’on nous donne les moyens d’aller travailler. Je peux comprendre que les masques soient privilégiés pour le centre hospitaliers, c’est normal ce sont eux qui sont en première ligne. Je vois que les policiers commencent à réclamer les masques, je suis d’accord mais après il y a aussi les éboueurs, les caissières. Il y a plein de domaines où il faut protéger ces gens. Si on ne le fait pas, ces personnes sont susceptibles de transmettre le virus et ça va faire plus de monde dans les hôpitaux. Ça va faire un cercle vicieux et on ne va pas s’en sortir. Donc il faut vraiment protéger les salariés qui doivent aller travailler tous les jours.

Au supermarché Leclerc de Bourg-les-Valence dans la Drôme, les salariés ont obtenu la mise en place de vitres de protection en caisse, une mesure qui pourrait rapidement être imitée partout en Europe.


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