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Risque-t-on une crise alimentaire mondiale ?

Written by on 9 avril 2020

On en a eu peur en voyant les supermarchés dévalisés les premiers jours du confinement. Plus de paquets de pâtes, rayons de légumes vides. Ces images sont devenues rares maintenant. Mais elles interpellent : le coronavirus nous fait-il risquer une crise alimentaire mondiale ? 

D’après l’Organisation Mondiale du Commerce et les Nations Unies, oui, une pénurie de nourriture nous guette, dès avril-mai.
Alors, pourquoi ? 

D’abord, certains pays restreignent les exportations. Le Kazakhstan a par exemple totalement arrêté d’exporter du blé le 22 mars. En tant que 2ème producteur de farine mondiale, la décision fait mal. 

Pour ceux qui n’arrêtent pas les exportations, les produits alimentaires ont bien plus de mal à passer les frontières fermées pour arriver aux supermarchés. Des files de camions se sont amassées sur des dizaines de kilomètres à la frontière entre la Pologne et l’Allemagne. Et si les tomates fraîches venues tout droit d’Espagne doivent attendre 10h au soleil de montrer leur visa, on risque bien de devoir les jeter en arrivant. 

La main d’oeuvre ne passe plus la frontière non plus : les agriculteurs européens embauchent habituellement nombre de travailleurs saisonniers étrangers, d’Europe de l’est ou du Maghreb… Et il n’en manque pas moins de 50 000 rien que dans les cultures de pêche et d’abricot en Espagne en ce moment. 
Le gros risque, c’est de ne pas réussir à les récolter à temps. Et donc de gâcher de précieux produits.

La solution : manger local ?

Mais alors si nous n’arrivons plus à avoir notre nourriture des autres pays, c’est le moment de manger local non ?

Pour l’instant l’ONU et l’OMC continuent d’encourager les échanges commerciaux, d’inciter les Etats à ne pas perturber la chaîne de production avec des mesures protectionnistes. 
Mais en vérité, ils ne peuvent pas faire grand chose pour forcer les Etats.


En France, Edouard Philippe lui-même implore le « patriotisme économique » pour que les supermarchés s’approvisionnent chez des producteurs français. C’est ce que beaucoup font.


Le local, et encore mieux, les circuits courts, pourrait vraiment être la clé : les épiceries, ventes directes à la ferme ou en ligne, explosent depuis le début du confinement en France. 
C’est un mode de production bien plus écologique, puisqu’il ne nécessite pas de transport polluant ni autant d’emballage.

Ce serait donc positif normalement. Mais la question, c’est comment les Etats les plus dépendants des exportations et importations vont s’adapter si le commerce mondial ne tourne plus. L’ONU craint aujourd’hui en particulier pour l’Afrique subsaharienne. 


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