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D’où ça vient le parc urbain ?

Written by on 15 mai 2020

Dans la majeure partie de la France, nos parcs publics sont de nouveau rouverts. Et c’est un soulagement. 

Ces petites bulles vertes dans l’organisation de la ville sont la clé de notre vie sociale, surtout en été. 

La crise du coronavirus a aggravé de nombreuses inégalités dans nos sociétés. Et la fermeture des parcs n’a pas fait exception. L’interdiction d’accéder à ces espaces normalement ouverts à tous, a plus frappé ceux qui n’ont pas de jardin.

L’image que nous avons des parcs, des oasis dans la jungle de béton, accessibles à tout le monde, n’était pourtant pas la première conception de ces espaces. L’idée des espaces de droit public est en fait assez moderne. Plongeons-nous dans cette histoire avec la question : d’où ça vient, le parc urbain ? 

Dans sa signification originelle, le parc était la portion de territoire clos appartenant à un château. Les premiers parcs étaient des espaces réservés à la chasse par l’aristocratie à l’époque médiévale. On les entourait de murs épais qui servaient une double fonction : garder le gibier à l’intérieur, et le reste de la population à l’extérieur.

En France, le premier parc de ce type fut celui du château de Vincennes. Les Anglais avaient des parcs depuis 1129, lorsque Henri Ier enferma le domaine du palais de Woodstock par plus de onze kilomètres de murs en pierre. Jaloux du gibier de son rival, Philippe-Auguste, roi chasseur, fit construire des murs autour du Bois de Vincennes. 

Faisons ensuite un bond dans le temps jusqu’au 16ème siècle. Les parcs à cette époque restent l’apanage de l’élite. Mais maintenant on les conçoit non seulement comme des lieux de chasse ou de sport, mais aussi comme des milieux esthétiques. On retrouve de plus en plus de parcs paysagers autour des maisons aristocratiques, avec des élégants chemins tracés le long, destinés à la promenade. C’est en effet, l’époque du designer parc.

Quant au grand public ? Et bien il n’est admis qu’au compte-goutte dans les grands parcs royaux ou seigneuriaux. Mais un parc fermé, comme maintenant, n’empêche pas nécessairement les gens d’y aller. Le public parisien fréquente facilement et parfois après le coucher du soleil les Tuileries, les jardins du Palais Royal, ceux du Luxembourg, de l’Arsenal…

Puis, la Révolution transforme de nombreux parcs en biens nationaux ; ils deviennent ouverts au public. Mais le Directoire, le Consulat et le premier Empire ne brillèrent pas par des créations de jardins publics. Leurs soucis étaient ailleurs. 

C’est vraiment lors de la révolution industrielle que l’idée d’un parc comme droit public essentiel entre en jeu. Avec la population de plus en plus concentrée dans les villes, la notion du jardin public vient d’un mouvement hygiéniste et social. Au fur et à mesure que les murs de béton s’élèvent, la volonté de préserver un sentiment de nature dans les grandes villes industrielles donne lieu à une explosion des espaces verts. 

Ils sont devenus, et restent, centraux dans la vie de la ville. Des lieux de rencontre, d’exercice, de calme. 


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