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“Next Generation” : un plan de relance commun à 750 milliards d’euros

Written by on 29 mai 2020

La Commission Européenne frappe fort. Hier, en plénière, sa Présidente Ursula Von der Leyen a présenté le projet “Next Generation EU”. Un plan de relance de 750 milliards d’euros empruntés en commun sur les marchés financiers pour aider le continent à sortir d’une récession sans précédent. Pour mieux comprendre les contours de ce projet, nous recevons aujourd’hui Jérôme Creel, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques et spécialiste de l’économie européenne.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce plan de relance et quel en est l’objectif ?

“Tout d’abord, il faut bien comprendre que c’est une proposition. La Commission européenne propose, ce sont les chefs d’Etats et de gouvernements qui disposent.”

“Ce serait un nouvel instrument du budget européen qui aurait vocation à aider en priorité les pays les plus touchés par la crise du coronavirus, principalement l’Italie et l’Espagne, par exemple. Ces pays pourraient disposer de crédits ou de transferts supplémentaires pour mettre en place un certain nombre de dépenses.”

“A priori, les fonds levés par l’intermédiaire de cette dette obligataire seront utilisés pour des dépenses qui auront été préalablement agréées à la fois par la Commission européenne et par le Conseil. Ces dépenses faites par les différents États, qui pourront avoir recours à ce nouvel instrument budgétaire, devront être ciblées vers les grands thèmes de la Commission européenne : atteindre une économie bas carbone, améliorer la digitalisation de l’Europe et mener une politique stratégique industrielle et sanitaire plus ambitieuse.”

“Le second élément, assez exceptionnel, est de proposer un financement communautaire de ce fonds de relance et non pas simplement une capacité de dépenses qui aurait des répercussions sur les finances publiques des Etats membres.” 

Par rapport aux enjeux sanitaires, socio-économiques et écologiques auxquels l’Europe doit faire face, 750 milliards d’euros, est-ce que c’est beaucoup ?

“Ce qui est certainement beaucoup c’est de voir passer l’émission de dette de la Commission européenne de 0 à 750 milliards. Il y a un saut gigantesque de participation de la Commission européenne au financement de l’Union européenne donc, c’est beaucoup de ce point de vue là.” 

“Ensuite, c’est beaucoup, parce que cet outil serait utilisé le plus tôt possible et certainement sur une durée assez courte. Ce serait 750 milliards qui abonderaient des dépenses en 2021-2022.”

“Pour autant, comme les négociations qui s’engagent aujourd’hui portent sur le budget européen 2021-2027, cela veut dire que ces 750 milliards ne seront plus disponibles un peu plus tard dans la mandature.”

Comme vous nous l’avez expliqué, cette dette sera commune. Comment l’Europe devra-t-elle la rembourser à terme ?

“Admettons que ce projet soit mis en œuvre. Ce que nous indique la Commission européenne, c’est qu’elle souhaite que le remboursement des émissions obligataires commence en 2028 et s’achève en 2058. On est donc sur une dette qui pourrait être émise à très long terme et qui impliquerait donc un remboursement à très long terme de la part des Etats membres de l’Union européenne.”

“Ce remboursement devrait se faire en proportion de la richesse produite par tous les États membres. Cela voudrait dire, in fine, que cette dette serait plus remboursée par les Allemands que par les Français, que par les Italiens.”

“Cependant, la Commission européenne a aussi indiqué que, pour limiter le recours au financement par les Etats, elle voudrait aussi que l’Union Européenne ait de nouvelles ressources propres. Cela signifie donc de mettre en place de nouvelles taxes, sur l’environnement par exemple, payées par les entreprises qui exportent vers l’Union européenne ou encore une taxe digitale, sur les entreprises comme Google.” 

“Ainsi, la Commission européenne ne souhaite pas simplement faire peser le fardeau de cette dette sur les épaules des pays les plus riches de l’Union européenne.”


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