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Ces femmes qui font l’Europe – l’édito d’Erwan Quinio

Written by on 22 septembre 2020

Aujourd’hui Erwan vous vouliez nous parler de ces femmes qui font l’Europe.

Oui, et ces femmes qui s’engagent pour défendre les valeurs européennes, elles sont partout. Elles sont nombreuses dans notre histoire comme dans les luttes quotidiennes. Rappelons-le sans cesse, c’est un combat qui nous uni. L’égalité entre les hommes et les femmes figure parmi les valeurs fondamentales de l’Union européenne depuis sa création en 1957. Et ce combat pour l’égalité, ce combat féministe, il s’incarne aussi bien par la défense de l’égalité dans l’espace public, de la cour d’école aux transports en commun, que pour la défense des droits dans nos textes fondamentaux. 

L’Egalité Femmes-Hommes, c’est une lutte également économique et sociale ?

Oui. C’est en 1975, que l’UE adopte sa première directive européenne contre la discrimination salariale. Le texte contraint les Etats membres à consacrer l’égalité des rémunérations entre “les travailleurs masculins et les travailleurs féminins”. Si la situation s’améliore, elle est toujours loin d’être satisfaisante. L’écart en France est toujours de 15% en leur défaveur. Certes, c’est mieux que les 21% d’écart qui prévaut en Allemagne, c’est proche de la moyenne européenne à 16% mais c’est loin du podium des meilleures situations que l’on retrouve en Belgique, en Italie et en Roumanie ou l’écart passe sous les 5%. 

La crise Covid nous rappelle à quel point nous devons rester particulièrement vigilant. 

Parce qu’elles sont caissières et au contact de centaines de clients chaque jour, parce qu’elles sont infirmières à l’hôpital ou dans nos Ephad, parce qu’elle sont aides à domicile, ou employées dans nos écoles, les femmes sont souvent en première ligne. 

Alors que des grandes villes européennes sont en train de se reconfiner, c’est aussi une menace spécifique pour les femmes européennes ?

Oui, Madrid a franchi le pas. D’autres villes suivront sans doute dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Car une seconde vague épidémique est plus que probable dès cet automne. Convenons-en ensemble, le confinement devrait vraiment être appliqué en dernier ressort, en dernier secours. Car pour les femmes en particulier, ce peut être une menace supplémentaire. Les études l’ont montré : les violences familiales, et singulièrement les violences conjugales ont cruellement augmenté avec le confinement. Il faudra donc partout relancer les communications sur le sujet et multiplier les dispositifs. 

Le combat féministe est un combat quotidien, c’est un combat historique. Avec le décès de Gisèle Halimi, la cause des femmes a récemment perdu une magnifique ambassadrice ?

Oui Gisèle Halimi s’en est allée le 28 juillet dernier, au lendemain de son 93e anniversaire. Infatigable militante qui exhortait toutes ses semblables à ne surtout jamais se résigner. Son père ne voulait pas d’elle. Avoir une fille était pour lui une malédiction. Elle en fera le combat de sa vie, une lutte au quotidien, familiale et politique. On pouvait vivre autrement, elle voulait vivre autrement. A 12 ans, elle engage chez elle, auprès des siens une première grève de la faim. Il s’agit alors de refuser  de servir de bonne à tout faire au seul service de ses frères. Après de brillantes études, devenue avocate de renom, puis députée à l’Assemblée nationale, elle inspirera toute une génération contre le patriarcat excessif, profondément discriminatoire. Pour le droit au contrôle de son corps, au droit à l’avortement, elle montrera la voie. Un hommage national lui sera rendu “prochainement” dans la cour des Invalides par le Président de la République.

Le combat pour la cause des femmes est universel. Et partout, il demande du courage, une volonté et une certitude. Oui on peut changer le monde. Et oui, les femmes peuvent changer le monde. 

Oui et il suffit de regarder l’admirable courage dont font preuve en ce moment-même les femmes biélorusses pour s’en convaincre. The Guardian en a fait un article mémorable relevé par Courrier International. A Minsk, les manifestantes arrachent les cagoules de la police antiémeute, celle qui commet les pires exactions, celle qui cache son visage pour cogner et embarquer arbitrairement les protestataires

Contre les “voyous” fidèles au régime d’Alexandre Loukachenko “, elles ont identifié un point faible : leur visage,” ironise le journal anglais. “Retirez sa cagoule à un policier et il courra se mettre à l’abri” ou “cachera son visage dans ses mains”. Pour elles, c’est “La seule façon d’arrêter la violence.  C’est la seule façon de faire tomber les masques au sens propre et au sens figuré”. 

Une cagoule arrachée, un visage filmé ou photographié, c’est une traque en ligne qui débute pour identifier ceux à qui le régime biélorusse “a donné carte blanche pour harceler, agresser et arrêter des manifestants pacifiques”. 

La surveillance a changé de camp. Pour reprendre l’intitulé de cette chronique, elles ne sont pas seulement à portée d’engueulade, elles sont à portée de matraques et de balles. Mais elles aussi font héroïquement  la fierté des valeurs européennes. 


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