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La banque centrale européenne, le pouvoir de dire Oui ? – Erwan Quinio

Écrit par sur 24 novembre 2020

Vous vous rappelez des slogans des banques commerciales ? Nous les avons tous en tête, « Le bon sens près de chez vous », « La banque d’un monde qui change », ou plus récemment « J’aime ma banque », tous ces slogans collent désormais à la peau de la Banque centrale européenne. Oui, notre BCE, tout le monde l’aime. Comme dirait la pub, elle a le pouvoir de dire Oui. Et tous lui font des yeux doux. 

Le retournement est en effet assez spectaculaire alors qu’elle fût la cible de beaucoup de critiques ? 

Oui. On la disait immobile, technocratique, insensible pour ne pas dire inhumaine. Or la crise a révélé un pilotage dont tous les responsables politiques quels qu’ils soient ont pu apprécier la réactivité et la puissance. Rappelons-nous les innombrables sommets européens de 2008 suite à la crise des dettes grecques, italiennes, portugaises, irlandaises. Tout le monde criait haro sur les banquiers centraux. A juste titre d’ailleurs. Si nous n’entendons pas ces critiques actuellement, ce n’est pas par charité, c’est bien que la BCE a fait le travail. Et elle l’a fait vite ce qui en la matière est la seule condition du succès. 

La planche à billets fonctionne à plein régime. Concrètement qu’est-ce que cela a changé ?

Tout. Cela a tout changé. Sans cela oubliez le chômage partiel, oubliez les PGE, ces prêts garantis par l’Etat, les prêts rebonds qui les complètent. Oubliez aussi le plan de relance. En fait tout découle de la Banque centrale européenne qui a grand ouvert les vannes de la création monétaire. 

Cela ne clôt néanmoins pas le débat monétaire. Ce « Quoi qu’il en coûte » coûtera-il cher ? 

Alors que les perspectives d’un ou de vaccins se profilent, c’est la question à 500 milliards pour la France. C’est la question à 2000 milliards pour la zone européenne. Autant dire que c’est la question qui occupera tout le débat économique des prochains jours, des prochains mois et des prochaines années. 

En France, le débat est déjà lancé avec la passe d’armes médiatique à laquelle ce sont livrés Arnaud Montebourg, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande et Pierre Moscovici, l’actuel président de la Cour des comptes. Si le remboursement de la dette détenue par les épargnants ne fait pas de sujet, la dette détenue par la Banque centrale et celle qu’elle pourrait récupérer, racheter, reprendre aux Etats fait naitre un débat absolument central qui ne peut que se renforcer. Les inconnues sont encore nombreuses. La Banque Centrale a-t-elle le pouvoir d’effacer les ardoises ? Le droit européen le permet-il ? Faut-il changer les textes ? En auront-ils le courage ? Quelles en seront les conséquences pour cette sacro-sainte « Confiance », celle qui tient tout le système ?

Voilà désormais devant nous la principale question économique et politique tout aussi français qu’européens tant nous sommes liés : notre Banque centrale européenne si bienaimée, si chouchoutée aura-t-elle le pouvoir de dire Oui ?

crédits photo: Bruno /Germany


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