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La peste aviaire – L’heure o’ véto

Written by on 21 janvier 2021

Comme chaque semaine sur euradio, nous accueillons le vétérinaire Christophe Buhot pour sa chronique véto.

Il nous parle aujourd’hui de la grippe aviaire. Serait-elle de retour ?

Effectivement, la grippe aviaire est de retour dans le sud-ouest. Mais attention, le terme « grippe » est impropre ; il a été utilisé lors de la première transmission à l’homme en 1997, à Hong Kong, qui avait fait alors 6 morts, alors que cette maladie n’était pas classée comme transmissible à l’Homme. L’Académie vétérinaire de France recommande donc de parler d’influenza aviaire ou de peste aviaire.

A quoi est due cette maladie ?

A un virus influenza de type A dont il existe une très grande variété. Sans rentrer dans le détail, ces virus sont classés en sous-types en fonction de deux protéines qui se trouvent à leurs surfaces : la neuraminidase et l’hémagglutinine, d’où les lettres N et H. Nous avons 16 sous-types H, de H1 à H16 et 9 sous-types N, de N1 à N9, et quasiment toutes les combinaisons de H et de N existent. Dans le cas présent, la souche responsable est de type H5N8. Elle circule en Europe depuis décembre 2019 et ne présente aucun risque avéré pour l’Homme.

Quels sont les animaux touchés ?

De nombreuses espèces, dont l’Homme, peuvent être touchées par un virus influenza de type A. Mais seuls les virus influenza des sous-types H5 et H7 peuvent présenter des souches d’influenza aviaires hautement pathogènes chez les volailles et les oiseaux, ce qui a déjà été le cas en 2015-2016 avec le H5N1.

Comment se déroule la maladie ?

La contamination est le fait le plus souvent des oiseaux migrateurs, qui sont porteurs de ces virus sans pour autant être malades, et dont les déplacements peuvent être surveillés mais pas contrôlés, comme vous vous en doutez. Les migrateurs sont attirés par leurs congénères domestiques, sur le principe des appeaux à la chasse. Ils se posent alors dans un élevage pour se reposer, s’alimenter ou s’abreuver. Et les volailles domestiques se contaminent principalement en buvant de l’eau souillée par les matières fécales des migrateurs porteurs sains, puis d’oiseaux malades. Il n’y a quasiment pas de symptômes, les oiseaux meurent en quelques jours de virémie, …. Et le taux de mortalité peut atteindre 100% ! d’où le nom de « peste aviaire ».

De nombreux foyers ont été déclarés au Danemark, aux Pays-Bas, en Irlande, en Allemagne, au RU, en Israël, en Russie et au Kazakhstan. Cette peste aviaire frappe actuellement les élevages de canards du Sud-Ouest, les premiers foyers étant apparus dans les Landes, puis la maladie s’est répandue extrêmement rapidement aux départementaux alentours, bien plus rapidement que lors de la dernière crise de 2015/2016 qui avait entrainé l’abattage de 25 millions de canards et coûté la bagatelle de 350 millions d’euros.

Que peut-on faire alors ?

Malheureusement pas grand-chose, si ce n’est lutter contre la propagation du virus en imposant des abattages de tous les oiseaux, à la fois dans les foyers confirmés mais également dans tous les élevages autour de ces foyers. Ce qui ne va pas sans poser des questions éthiques et économiques.

A titre préventif, seules l’épidémiosurveillance et la mise en place des règles de biosécurité strictes sont efficaces. La vaccination n’est pas une arme de choix.

Une fois terminée, il sera important d’analyser précisément cette nouvelle crise, car, en 2016, des millions euros ont été, en effet, investis dans la modernisation des élevages, et des efforts énormes ont été réalisés dans les pratiques sanitaires. Or le répit n’a été que de 4 ans. Il faudra absolument comprendre ce qui s’est passé pour éviter une énième crise aux conséquences catastrophiques pour cette filière. La Chine a arrêté ses importations de foie gras, le Japon n’achète plus de foie gras Landais, et les stocks ont du mal à se reconstituer après les fêtes de fin d’année.

Y aurait-il un risque pour le consommateur ?

En France, il n’a jamais été observé de symptômes, ni de mortalité humaine déclenchés par les virus de la peste aviaire. Que ce soit le H5N1 en 2015/2016 ou le H5N8 actuellement ! Enfin les produits avicoles (viandes, foie gras, œufs, etc.…) présents sur les marchés ou dans les supermarchés proviennent d’animaux sains, sont contrôlés par les services vétérinaires et ne présentent aucun danger pour le consommateur.

Image: Couleur

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

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