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Le journalisme d’investigation à travers les yeux d’Antony Torzec

Écrit par sur 25 janvier 2021

Le journalisme d’investigation, métier de niche en Europe mais nécessaire tant au niveau local que national. On voit que la soif d’information aujourd’hui ne permet pas toujours de mener des enquêtes approfondies. Antony Torzec, vous êtes journaliste d’investigation à Médiacité, journal en ligne d’investigation locale. Quelle est la particularité de ce média?

C’est de l’investigation en local, uniquement sur des sujets d’actualité, à Lille, Nantes, Toulouse et Lyon. Il y a des journalistes pigistes qui travaillent sur des sujets liés aux grandes métropoles et à leurs budgets.
On est plutôt reconnu comme média pour le travail d’investigation qui n’existait pas auparavant.
Ça c’est très important pour la démocratie locale.

Combien de temps faut-il pour mener vos recherches et comment choisir le sujet et chercher les informations précises et détaillées que personne ne voit?

C’est d’abord de l’observation, de la rencontre avec des acteurs que vous connaissez ou qui viennent vers vous. Le temps nécessaire varie en fonction de la façon dont le sujet est lancé au début: parfois quelqu’un arrive avec des documents, parfois il faut chercher tout.
Il peut s’agir aussi d’une intuition et ça peut prendre de quelques jours à plusieurs mois, même des années.

Donc, vous avez la liberté de traiter vos sujets comme vous le souhaitez, mais en même temps, vous travaillez à Radio Vatican, qui représente une des institutions les plus ancrées à la tradition. Comment concilier ces deux aspects?

Je crois qu’on peut difficilement concilier ces deux aspects, car il s’agit de deux types de journalisme différents. Lorsque vous travaillez à Radio Vatican vous travaillez aussi sur des sujets qui concernent les religieux et vous êtes spécialistes de la question. On va dire qu’à peu près 70-80% du journal est consacré à l’actualité internationale et là il n’y a pas de pression ou directive; ils me donnent le thème du sujet et je le réalise comme je veux.
Ça m’a provoqué quelque problème avec le pouvoir camerounais en 2010 par exemple, quand j’ai eu accès aux dépenses du Président quand il est venu à La Baule pour trois semaines. Les radios chrétiennes au Cameroun ont été sanctionnées suite à ce passage sur Radio Vatican.
Le restant 20% est consacré aux informations contrôlés par le Saint Siège, qui diffuse le message du Pape.

Il y a eu des investigations qui vous ont créé des problèmes?

Je ne peux pas dire d’avoir eu des retours de bâtons, parfois les personnes me parlaient après l’enquête, mais c’est plutôt rare. On garde souvent le contact avec les gens analysés, c’est l’avantage de travailler en proximité, qui me permet de rencontrer une nouvelle fois les gens sur lesquels je travaille.

Vos enquêtes ont débouché sur des procédures judiciaires contre les individus mentionnés?

Sur la Loire Atlantique je n’ai pas de souvenirs de ça. En revanche, des confrères de Lyon et de Lille ont réalisé des enquêtes qui ont permis de déboucher ensuite sur des procureurs qui ont porté l’affaire en justice.

Y a-t-il des différences entre le journalisme conventionnel et celui d’investigation? 

Il ne devrait pas y avoir de différences entre journalisme conventionnel et celui d’investigation, parce que l’investigation fait partie du métier de journaliste. Je pense que tous les journalistes savent investiguer, mais parfois il y a une autocensure dans notre métier et parfois on a pas envie de s’ennuyer avec des sujets comme cela qui peuvent nous procurer des difficultés avec des politiques, des entrepreneurs locaux; et puis il y a les médias, qui parfois sont sur un terrain plus consensuel.
De plus en plus, on demande aux journalistes de travailler sur différents sujets et médias en même temps, et ça rend tout plus compliqué.

Pensez-vous que votre communication avec les citoyens soit bonne?

Tous les journalistes espèrent que leurs reportages, leurs papiers soient lus par le plus de personnes possible de toutes les couches sociales. Je pense à l’enquête réalisée par mon confrère Thibault Dumas sur Waldemar Kita (Présidente du FC Nantes) et ses affaires personnelles, qui va sans aucun doute intéresser les fans du foot qui peut-être ne sont pas des lecteurs habituels des sujets politiques de Médiacité.

Un journalisme qui reste de niche mais qui essaie de gratter la surface.


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