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Le Market Timing – L’éco de Marc Tempelman

Written by on 25 janvier 2021

Nous accueillons Marc Tempelman, un des co-fondateurs de la FinTech Cashbee, qui aide les Européens à épargner plus et mieux. Nous discutons toutes les semaines de finance. 

Au programme cette semaine, le Market Timing, c’est-à-dire l’optimisation du moment où l’on investit et celui où l’on vend. C’est bien ça ?

Oui, c’est bien cela. Comme nous avons pu en parler dans le passé, les marchés financiers – et notamment celui des actions – ont tendance à monter sur des durées très longues. Mais sur des périodes plus courtes ils montent et descendent, parfois de façon significative. Par conséquent, il est légitime de se demander si le timing de nos investissements peut être optimisé. Pour éviter d’acheter au plus haut, juste avant une correction par exemple. Ou de vendre au plus bas, juste avant un rebond des cours de bourse. Pour utiliser un anglicisme jargonneux, est-il possible de « timer » le marché ?

Avant de répondre à cette question, est-ce vraiment si significatif que cela que de bien choisir le moment où l’on achète et l’on vend ses titres ?

En théorie, cela peut avoir une très grande importance. Prenons par exemple l’indice boursier du S&P 500, qui représente l’évolution du marché américain. Pendant l’année 2020, cet indice a connu des hauts et des bas, mais un investisseur qui aurait simplement investi dans cet indice au premier janvier, sans rien faire durant l’année, aurait vu son investissement s’apprécier 17% en un an.

Mais un investisseur qui aurait parfaitement anticipé l’évolution de l’indice au cours de l’année, aurait empoché un gain de 58%. Car il aurait décidé de tout vendre le 12 février, quand le marché était à son plus haut, puis d’investir à nouveau le 17 mars quand le marché était tombé à son plus bas.

Cela fait une sacrée différence ! Cela revient à acheter au plus bas, pour vendre au plus haut. N’est-ce pas le rêve de tout investisseur ?

Exactement. Et malheureusement pour eux, votre description est très juste. Il s’agit d’un rêve, car dans la réalité, personne ne peut timer le marché

Bien sûr, il est possible d’avoir de la chance, et d’acheter ou de vendre au meilleur moment, peut-être plusieurs fois dans sa vie. Mais il est impossible de le faire systématiquement.

Rentrons un peu dans les détails pour expliquer cette impossibilité de « timer » le marché.

D’abord, il y a des limites pratiques. Il est très difficile de suivre en permanence la totalité des cours de bourse, et notamment les titres qui s’échangent sur les bourses étrangères. Il faudrait se lever très tôt pour faire l’ouverture de la bourse à Tokyo, et se coucher très tard pour assister à la clôture de celle de New York. 

Ensuite, contrairement à ce que l’on peut croire, les cours de bourse ne reflètent pas toujours la juste valeur économique d’un actif. En effet, pour un large éventail de raisons les marchés peuvent se comporter de façon irrationnelle sur des périodes relativement longues. Donc les analyses les plus rationnelles et sophistiquées du monde ne suffiront pas pour déterminer le moment optimal d’achat ou de vente.

Enfin, en essayant d’identifier les meilleurs moments pour entrer ou sortir du marché, les investisseurs prennent en réalité le risque de passer à côté de moments de forte hausse de marché. Ce coût d’opportunité est probablement la raison principale qui rend le market timing impossible.

Ce coût d’opportunité a-t-il été mesuré ?

Oui. La société de gestion Fidelity a étudié les fluctuations du marché actions sur une durée de 38 ans, de 1980 à 2018. Et leur analyse montre qu’en étant à l’écart du marché pendant les 5 journées des plus fortes hausses, un investisseur serait passé à côté de 35% de la performance sur cette période de 38 ans ! S’il avait loupé les 10 meilleures séances, sa performance serait inférieure à 50% du gain total. Enfin, s’il avait la malchance d’avoir manqué les 50 meilleures séances, son gain n’atteindrait pas le dixième de la performance de marché sur cette longue durée.

Effectivement, la démonstration me semble clair. Mais quelle est l’alternative pour celui ou celle qui souhaite investir en bourse, mais qui craint de placer son épargne juste avant le crash ?

Comme personne ne dispose d’une boule de cristal permettant de prédire l’évolution des marchés, l’alternative pour un investisseur amateur est d’investir au fil du temps, à fréquence fixe. Ainsi, il ou elle placera forcément son argent en bourse à des bons et des mauvais moments, mais en moyenne les deux devraient se neutraliser. Et comme les marchés actions ont tendance à monter sur des périodes longues, vous devriez bénéficier de cette tendance haussière.

Cette approche s’appelle “dollar-cost-averaging”, et correspond à moyenner ses points d’entrée.

J’imagine que cette approche est recommandée pour ceux qui ne sont pas très confiants en finance ?

Oui, mais pas que. Cette stratégie présente aussi l’avantage de minimiser le temps nécessaire pour surveiller vos investissements. Et s’adresse donc aussi aux épargnants avertis, qui n’ont simplement pas le temps d’en faire leur occupation à temps plein. Celui qui cherche à optimiser les moments d’achat et de vente doit nécessairement avoir les yeux rivés sur les écrans, et suivre les cours de bourse comme le lait sur le feu.

Beaucoup moins de stress et de charge administrative pour celui a pris une vision long terme, et qui espace ses investissements dans le temps. Attention, cette méthode d’investissement n’est pas dénuée de risques, mais elle présente un bien meilleur ratio entre rendement ciblé d’une part et charge administrative et émotionnelle, d’autre part. Bref, vous dormirez mieux la nuit, pendant que votre argent travaille pour vous.

Image : Pexels

Toutes les éditos de Marc Tempelman sont à retrouver juste ici


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