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Aujourd’hui en Europe – Vendredi 29 Janvier

Written by on 29 janvier 2021

Immigration, la Hongrie durcit le ton, Frontex se retire ; 1/3 des fonds de la BEI utilisés dans la lute contre le Covid ; selon une récente étude de l’IEE-ULB, la solidarité entre peuples européens s’est renforcée.

Immigration – La Hongrie durcit le ton, Frontex suspend ses opérations dans le pays

La Hongrie dirigée par le conservateur Viktor Orban poursuit une ligne dure contre l’immigration. Le pays a érigé en Août 2015 un mur de fils barbelés électrifié à sa frontière sud avec la Serbie, et est critiqué pour l’accueil inhumain des demandeurs d’asile qui arrivent sur son territoire. Ce pays d’Europe centrale collectionne les condamnations de la Cour de Justice de l’Union européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme.

Des condamnations largement ignorées mais une nouvelle étape dans le face à face entre Budapest et Bruxelles a eu lieu le 27 janvier. L’agence européenne de surveillance des frontières Frontex a annoncé cesser ces activités en Hongrie.

Oui et c’est une première, Frontex suspend ses opérations en Hongrie car l’agence ne souhaite pas être complice de ces violations du droit européen. La Cour de justice européenne, plus haute juridiction de l’UE, avait en effet à nouveau condamné la Hongrie, jeudi 17 décembre, pour violation du droit d’asile.

Une condamnation qui a eu peu d’effets, l’ONG Comité Hongrois d’Helsinki a de fait recensé plus de 4 400 refoulements depuis la décision de la Cour. L’annonce de Frontex a été néanmoins saluée par l’ONG ainsi que par la commissaire européenne aux Affaires intérieures, la suédoise Ylva Johansson.

Vous l’avez dit, Frontex suspend ses opérations en Hongrie pour ne pas être complice de ces violations. Cependant cette agence vient elle-même d’être récemment épinglée pour les mauvais traitements infligés à des réfugiés qui tentaient d’entrer sur le territoire européen.

Oui cette décision de Frontex de ne plus travailler en Hongrie intervient dans un contexte où cette agence essuie elle-même un flot de critiques sur les libertés qu’elle prend parfois avec le respect des droits humains. 

L’Agence a été très récemment accusée de refouler illégalement des migrants. Des ONG et des journalistes documentent ces agissements depuis des années et, en décembre dernier, des eurodéputés ont réclamé la démission de son directeur Fabrice Leggeri. Par ailleurs l’agence est depuis peu la cible d’une enquête du gendarme européen, l’OLAF.

Enfin, jeudi dernier, suite à ces accusations, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a appelé les États européens à enquêter sur ces renvois aux frontières que l’ONU juge récurrents et violents.

La BEI présente son rapport d’activité annuel – 1/3 des fonds utilisés dans la lute contre le Covid

Attardons-nous maintenant sur une autre entité de l’UE moins connue mais qui contribue grandement aux politiques de l’Union. Basée au Luxembourg, la BEI (Banque européenne d’investissement) finance des projets en Europe et dans le monde. Son président Werner Hoyer a présenté mercredi 20 janvier le rapport d’activité de l’institution pour l’année 2020. Un tiers de ces fonds, soit environ 30 milliards d’euros, ont servi à lutter contre la crise sanitaire et ses conséquences sur les entreprises. Ce qui a permis, selon elle, de préserver plus de 4,2 millions d’emplois.

Cette institution agit aussi pleinement pour les engagements du Pacte vert européen, particulièrement en France.

La France est même le premier bénéficiaire pour les projets liés à la défense de l’environnement, totalisant 4,3 milliards d’euros. La BEI participe notamment au projet du plus grand parc éolien français, au large de Fécamp. La banque accompagne ainsi les collectivités territoriales dans le lancement de projets innovants.

De la même manière, la Commission européenne a annoncé mardi 26 janvier un nouveau partenariat associant la BEI et la Banque des territoires qui vise à soutenir 25 villes françaises face au changement climatique.

Les peuples européens solidaires (étude IEE-ULB)

Terminons enfin par une enquête sur les citoyens européens dont les premiers résultats viennent d’être publiés. Elle porte sur la solidarité européenne qui a semblé se renforcer ces derniers mois lors de l’achat des doses de vaccins mais aussi lors de l’instauration du plan de relance commun.

En effet, une étude pour le compte de l’Institut d’études européennes de l’Université libre de Bruxelles a interrogé 1000 citoyens de huit pays sur la solidarité européenne. Des citoyens français, allemands, italien, polonais, roumains, espagnols, hongrois et britanniques. Ces derniers faisaient encore partie de l’Union au moment de l’enquête.

Quels sont les premiers résultats de cette étude ?

D’après l’étude, les réponses des citoyens suggèrent l’existence d’un véritable socle de solidarité entre les peuples européens. Ainsi au niveau sécuritaire, une très large majorité des citoyens interrogés considèrent qu’il est toujours justifié de fournir une assistance militaire à un État membre attaqué. Le partage de la dette publique est aussi fortement approuvé.

Par contraste, presque la moitié des répondants considèrent légitime qu’un pays puisse refuser de prendre sa part à l’accueil des demandeurs d’asile. Et ils ne sont que 30 % à accepter l’idée de soutenir financièrement un pays ne respectant pas l’état de droit.

Observe-t-on des différences entre pays ?

L’analyse par thème et par pays des résultats de l’enquête révèle des fissures en fonction des nationalités. Sur le partage de la dette publique par exemple, les bénéficiaires principaux de transferts financiers européens tels que l’Italie, la Pologne, la Roumanie ou encore l’Espagne sont nettement plus enthousiastes que ceux qui sont supposés payer plus comme l’Allemagne ou ceux qui craignent de voir cette manne financière s’accompagner de contraintes, comme en Hongrie.

Ce constat est-il nouveau ?

Ce constat reflète les conclusions de précédentes enquêtes sur l’existence d’un sentiment européen, mais qui varie selon les contextes et les pays. Rappelons enfin que les attitudes exprimées dans un sondage sont loin de refléter des comportements politiques réels, et que les opinions publiques sont parfois très volatiles et peuvent évoluer quand des sacrifices doivent être faits au nom du bien commun européen.

Photo: Copyright : EIB 


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