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Les vétérinaires face à la pandémie de Covid-19 – L’heure o’ véto

Écrit par sur 25 février 2021

Comme chaque semaine sur euradio, nous accueillons le vétérinaire Christophe Buhot pour sa chronique véto.

Cette semaine, on s’interroge : Comment les vétérinaires vivent-ils cette crise de covid-19 ?

Quel que soit le pays, les activités vétérinaires ont été considérées comme essentielles par les autorités, ce qui a permis aux cabinets et cliniques de rester ouverts tout en fonctionnant avec de nouvelles procédures et des protocoles adaptés.

La santé animale devait être préservée, la surveillance épidémiologique renforcée pour éviter ou contrôler toute épidémie animale, et l’alimentation d’origine animale garantie en qualité et en quantité.

Une société, CM Research, a suivi depuis le début de la pandémie l’activité des vétérinaires pour animaux de compagnie à travers le monde. Sa dernière enquête réalisée en novembre 2020 avec l’aide de nombreuses organisations vétérinaires, a été menée auprès de 5000 professionnels dans 91 pays.

Quels sont les résultats de cette enquête ou tout du moins les grandes tendances ?

Malgré les défis engendrés par la pandémie, le nombre de clients augmente dans de nombreuses cliniques, notamment en Amérique du Nord et en Australie, et les vétérinaires Australiens et Néo-Zélandais sont les plus optimistes quant à leur avenir professionnel.

En revanche, les vétérinaires d’Europe de l’Ouest pensent à 59% d’entre eux que nous sommes au milieu du gué de la pandémie tandis que ceux de l’Europe de l’Est pensent que le pire est à venir, ce qui se révèle tout à fait exact avec la deuxième vague.

Dans la plupart des régions, les visites à domicile et les consultations de routine ont diminué ou ont été arrêtées. Il a été noté une baisse des vaccinations des animaux de compagnie, surtout en Europe, d’environ 60% au Royaume-Uni, en Belgique et en Italie contre 10-20 % en Pologne, en Allemagne et en Indonésie.

Les euthanasies ont augmenté de 11% à travers le monde, et de 26% aux Etats-Unis. Les fake news sur le rôle des animaux de compagnie dans la transmission de la Covid-19 ont joué sûrement un rôle important, tout comme les achats impulsifs de chiens pour justifier des sorties quotidiennes.

Quel a été l’impact sur le plan humain et financier ?

L’impact financier sur les cliniques a été variable, certains pays affichant des chiffres nettement meilleurs que d’autres. L’Australie et les États-Unis se distinguent comme les deux pays où les cliniques ont connu la plus forte croissance.

Dans l’ensemble des pays, 10% des personnels vétérinaires déclarent avoir perdu leur travail. Le Royaume-Uni se distingue avec un taux de 23%, le taux le plus élevé en Europe, alors que la France n’affiche que 8% et l’Allemagne un petit 1%. Au final, 17% des établissements de soins ont dû fermer temporairement, et très peu ont été contraints de fermer définitivement.

Les problèmes liés aux approvisionnements ont été courants, en particulier en médicaments et en équipements de protection. A cela s’est ajouté une augmentation des prix des médicaments et des aliments pour animaux, augmentation que la majorité des vétérinaires interrogés a déclaré ne pas avoir répercuté sur leurs clients.

Comment expliquez-vous, somme toute, cette bonne résistance de votre profession ?

C’est difficile à dire mais j’avancerai 4 hypothèses :

  • L’animal de compagnie est un membre à part entière de la famille et mérite les mêmes soins que ses maîtres ;
  • Avec le télétravail, les propriétaires ont passé plus de temps avec leurs compagnons à 4 pattes et n’ont pas hésité à consulter pour des symptômes qu’ils n’auraient pas pu remarquer en temps normal ;
  • Consulter le vétérinaire faisait partie des dérogations de sortie, et le vétérinaire a joué un rôle social et d’information ;
  • Et enfin, la profession s’est adaptée en modifiant ses protocoles de travail pour assurer les soins de ses patients tout en protégeant ses équipes.

Et qu’en est-il des autres secteurs vétérinaires ?

Pour la France, l’activité en animaux de production (vaches, cochons, etc.) a été stable tandis que la médecine des chevaux a baissé d’environ 4%, baisse sûrement liée à l’arrêt des activités équestres.

Pensez-vous que cette pandémie va impacter durablement les activités vétérinaires ?

Très certainement, et cela fait partie de la deuxième partie de cette étude dont je vous parlerai une prochaine fois, dès que les résultats auront été dévoilés.

Interview réalisée par Laurence Aubron

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Image : Laura James


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