Nantes

by Euradio

En ce moment

Titre

Artiste

Emission en cours

Soho Radio

20:00 22:00

Background

Brachycéphales et hypertypes – L’heure o’ véto

Écrit par sur 22 avril 2021

Cette semaine avec Christophe Buhot, nous parlons brachycéphales et hypertypes.

Qu’est-ce que la brachycéphalie ?

La brachycéphalie est un trait morphologique caractérisé par la forme d’un crâne plus court que la forme normale. Il s’agit d’un défaut qui est parfois recherché et exagéré chez certaines races de chiens, comme le carlin, ou de chats, comme le persan. C’est principalement le museau qui se trouve raccourci comme si l’animal n’avait pas vu une porte vitrée.

En quoi cela pose-t-il un problème ?

Comme je viens de vous le dire, le museau est plus court, et sans rentrer dans des détails anatomiques, vous comprenez donc que ces animaux présentent d’importantes difficultés pour respirer. De plus, les chiens et les chats ne transpirent pas et donc ventilent pour maintenir leur température corporelle au niveau adéquate. Chez les brachycéphales, la ventilation se fait mal, et ces animaux peuvent présenter des symptômes d’hyperthermie pouvant entrainer la mort.

Mais pourquoi parler de ce sujet ?

Entre autres, parce que le transport de ces animaux par voie aérienne pose de sérieux problèmes, problème pouvant aller jusqu’au décès de l’animal. C’est la raison pour laquelle de nombreuses compagnies aériennes ne veulent plus transporter des animaux de races bien connues pour leur brachycéphalie. Un webinaire organisé conjointement par l’ATA, (l’Association de Transport d’Animaux), la FECAVA (la Fédération des associations européennes de vétérinaires pour animaux de compagnie) et la FVE (la Fédération des Vétérinaires Européens), a eu lieu récemment et a conclu que le transport aérien des animaux brachycéphales est très risqué.

Mais j’imagine que le transport aérien n’est pas la seule raison.

En effet, la brachycéphalie fait partie en fait d’un problème plus grave et plus important, qui est l’hypertype ou la recherche de la conformation extrême des animaux de compagnie en sélectionnant un “look” particulier (par exemple, un nez plat, un dos incliné, des yeux globuleux ou tombants, un crâne rond, que sais-je encore) ce qui n’est pas sans conséquence pour les animaux. 

Une conformation extrême entraîne bien souvent de graves problèmes de santé et de bien-être. Vous pouvez avoir une petite idée de ce que ressent un bouledogue au niveau respiratoire, tous les jours de sa vie, si vous montez les escaliers 4 à 4 ou restez en plein soleil en gardant votre masque anti-covid sur le visage. 

Cela peut entrainer également des interventions chirurgicales invasives pour permettre à ces chiens et chats de respirer, de mettre bas ou de marcher normalement, sans oublier les douleurs importantes et les risques augmentés de mort précoce.

A quoi est dû cet engouement pour ces animaux hypertypés ?

Principalement à cause d’un phénomène de mode, avec une demande accrue de certaines races, stimulée par la publicité, les films, les médias sociaux et les célébrités. Le Kennel Club, au Royaume-Uni, a vu le nombre de bulldog français augmenter de 2964 % au cours des dix dernières années et détrôner ainsi le labrador du titre de la race la plus populaire. L’absence de réglementation et le manque de sensibilisation des propriétaires aux conséquences de l’élevage extrême sur la santé et le bien-être (par exemple, certains pensent que le ronflement est normal) ont également favorisé le développement des hypertypes.

Que fait la profession vétérinaire ?

La FECAVA et la FVE ont élaboré un document, disponible sur leurs sites respectifs, qui demande que la santé et le bien-être soient privilégiés par rapport à l’apparence, et propose des recommandations détaillées pour répondre à la fois à la demande croissante de ces animaux et à l’augmentation de l’offre. 

Ces recommandations ont été soutenues lors d’un colloque par les Parlementaires européens qui ont insisté sur la nécessité d’une action concertée et urgente pour mettre fin à la pratique de la reproduction extrême chez les chiens et les chats. Ce qui sera peut-être chose faite dans une prochaine législation de l’UE sur le bien-être animal.

Laurence Aubron – Christophe Buhot

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Image par deliabertola de Pixabay


Les opinions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *