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Cannabis, cannabidiol et médecine vétérinaire – L’heure o’ véto

Écrit par sur 27 mai 2021

Pourquoi la Fédération des Vétérinaires européens a-t-elle écrit avec l’American Veterinary Medicinal Association (AVMA) et l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV) un article de synthèse sur le cannabis et ses produits dérivés ?

Comme ces substances sont devenues de plus en plus disponibles pour l’usage médical et récréatif humain, les vétérinaires voient plus de cas d’intoxication liée au cannabis. Par ailleurs, les propriétaires d’animaux sont de plus en plus intéressés à donner ces produits à leurs animaux de compagnie. Et ils se demandent, à juste titre, si ces produits sont légaux, sûrs et efficaces pour traiter les problèmes médicaux des animaux. C’est pourquoi ces trois associations vétérinaires ont décidé de faire le point sur ce sujet dans un article publié dans la revue « Animals ».

Quelle est l’industrie du cannabis en Europe ?

Plus de 500 millions d’euros ont été investis dans l’industrie du cannabis en 2018. Le marché européen du cannabis devrait atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2024, principalement à cause de l’usage médical. L’Allemagne est actuellement le plus grand marché européen pour l’utilisation du cannabis médical, et le troisième plus grand marché mondial après les États-Unis et le Canada. Mais aucune donnée n’est disponible en ce qui concerne cette industrie à l’intention des animaux, mais on estime qu’il s’agit d’une très petite activité.

Quel est le cadre réglementaire dans l’UE ?

Il n’existe actuellement aucun cadre harmonisé dans l’UE pour l’usage médical ou récréatif du cannabis. Une certaine forme de cannabis médical est désormais légale dans plus de 22 pays de l’UE. Plusieurs médicaments humains dérivés du cannabis ont été autorisés soit par l’EMA, Agence Européenne du Médicament, soit par les agences nationales des médicaments des pays membres de l’UE. Les auteurs de l’article ont comptabilisé, en février 2020, 17 essais cliniques en cours portant sur l’efficacité du cannabis et de ses dérivés.

Comment les animaux arrivent à être exposés au cannabis ?

Les cas d’intoxication chez le chien résultent le plus souvent d’une exposition à des gâteaux secs ou des gâteaux maison à des fins festives. Les chats peuvent également consommer directement la matière végétale comme ils le font avec de l’herbe à chat pour se purger. Enfin, il m’est arrivé de constater que certains chiens vidaient les cendriers de leurs maîtres, pour une raison olfactive ou gustative, je l’ignore.

La probabilité que les animaux de compagnie soient exposés augmente à mesure que le cannabis et les produits à base de cannabis deviennent plus largement disponibles et que la consommation de drogues récréatives se banalise. Une étude américaine de 2012 a fait état d’une augmentation des taux de toxicose observés chez les chiens vivant au Colorado, un État dans lequel le cannabis avait été récemment légalisé pour un usage médicinal humain. Toutefois, une augmentation a été également observée dans les États américains où le cannabis n’est pas encore légalisé. Cette tendance peut être due à une acceptation culturelle de la consommation de marijuana.

Quels sont les signes d’une intoxication au cannabis ?

Un large éventail de signes cliniques est associé à la toxicose au cannabis. Classiquement, le chien est amorphe, a du mal à se déplacer et ne retient pas son urine. D’autres signes cliniques sont décrits comme la dilatation des pupilles, de la salivation, des vocalises, ou une intolérance au bruit ou à la lumière. Rien en fait de bien spécifique, car ces signes sont rencontrés également lors d’intoxications avec des sédatifs ou avec du produit anti-gel.

En conclusion, recommanderiez-vous d’utiliser le cannabis ?

Je ne souhaite pas intervenir dans votre vie privée, mais concernant l’utilisation du cannabis ou de ses produits dérivés en médecine vétérinaire, je pense que l’état de nos connaissances nous oblige à une certaine prudence. Les recherches actuelles sont limitées, la plupart du temps effectuées sur de petits échantillons et parfois avec des résultats contradictoires. Certes les produits cannabinoïdes peuvent potentiellement être bénéfiques pour réduire la douleur, lors d’ostéoarthrite, et comme traitement d’appoint de l’épilepsie canine. Mais actuellement, aucun médicament vétérinaire dérivé du cannabis n’est autorisé dans l’UE, et il est souhaitable que des recherches plus approfondies soient réalisées pour mieux appréhender la sécurité et l’efficacité de telles substances.

Laurence Aubron – Christophe Buhot

Toutes les chroniques “Heure o’ véto” de Christophe Buhot sont à retrouver juste ici

Photo de Michael Fischer provenant de Pexels


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