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Joe Biden, Grand-père fondateur de l’Europe – Erwan Quinio

Écrit par sur 8 juin 2021

L’impuissance politique, voici le principal mal de l’action publique. Des sujets qui reviennent et reviennent sempiternellement dans l’actualité, et qui ne sont jamais traités. L’échelon européen ne déroge pas à la règle. Et voici, ce qui tue la vie politique.

L’impôt mondial sur les multinationales en cours de négociation, et donc de première importance.

C’est capital. Et pour tout dire, une divine surprise. Plus personne n’y croyait. Tout le monde avait intégré le chacun pour soi. Tout le monde s’était épuisé sur cette question d’évidence. La justice fiscale, c’est la justice, et la justice est la pierre angulaire du contrat social.

Rappelons deux sujets désormais sur la table du G7 et du G20 : l’impôt sur les sociétés et la taxation des GAFA.

Oui. Deux sujets qui concernent l’Europe de face. L’impôt sur les sociétés d’abord tant le sujet empoisonne les relations internes à l’Europe depuis des décennies. La France était à 33%, elle entend revenir à 25%. C’est un effort budgétaire tenable qui ne peut se comprendre que si dans le même temps, le dumping de nos propres partenaires de jeu s’arrête. Or nous le savons, l’Irlande notamment était à 12,5 %. Le Luxembourg et les Pays-Bas également étaient en dessous des 15%. Nous aurions pu aller au-delà et imposer une barre minimale à 20%, mais ne boudons pas notre plaisir.

Deuxième sujet, l’impôt sur les bénéfices des GAFA.

Oui. Et si la France avait un peu pris les devants, il faut bien dire que jusqu’à présent, il n’y avait pas grand monde dans le rétroviseur. La situation pourrait se débloquée eenfin et sur des bases simples. Les impôts sont liés aux activités économiques réelles, tangibles.

Mais une nouvelle fois, ce sont les américains qui donnent le La.

Oui. On peut le regretter. Regretter assez amèrement que les européens auraient pu et dû prendre le taureau par les cornes. Mais alors que la mondialisation est remise en question au moins dans les paroles. Alors que les plaques tectoniques bougent dans le bon sens, réjouissons-nous. Nous le savons tous, l’Europe seule n’est plus dépositaire des règles du jeu mondial depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cela fait plus de 70 ans. Tout l’intérêt est de défendre un modèle, de défendre des valeurs et de fédérer autour de nos principes. Par ses inepties, par son America First, Trump, hier était un catalyseur du projet européen par défaut de lui-même. Joe Biden parce qu’il a besoin d’argent et de cash pour financer son propre projet de relance aide l’Europe à résoudre les questions les plus insolubles et rédhibitoires pour la confiance mutuelle entre européens. Alors haut les coeurs. Oui, Joe Biden, est un grand-père fondateur. Du moins, un ancien expérimenté qui ne manque pas de courage et d’audace. Espérons que ce courage et cette audace nous inspirent les européens d’aujourd’hui et de demain.

Erwan Quinio – Bastien Réchou

Tous les éditos d’Erwan Quinio sont disponibles juste ici

© “Joe Biden” by Gage Skidmore is licensed under CC BY-SA 2.0


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