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Edito spécial: Eugène Sandoz- Effet Werther Papageno

Eugène Sandoz

Une fois n’est pas coutume, ce soir, c’est moi qui vais vous raconter une histoire, l’histoire d’un d’où ça vient.

Et c’est, comme souvent, ou pas assez d’ailleurs, de la littérature allemande dont il faut partir. De l’auteur allemand le plus célébré : Goethe.

En 1774, paraît le roman, Les Souffrances du Jeune Werther. Pour faire un anachronisme criant, et résumer au mieux radiophoniquement la situation : le bouquin est un best-seller dans toute l’Europe. Comme tous grands ouvrage de littérature, il transporte les foules et les attirent, les apent, dans son récit. Mais voyez-vous, c’est bien là le problème. Effectivement, le roman raconte l’histoire d’un amoureux éconduit : le jeune Werther. Et la chute en est bien une, au sens le plus camusien du terme : l’amoureux finit par se tuer.  

Aussitôt, en Europe, c’est la catastrophe ! Les suicides se multiplient, sur le même mode opératoire que le jeune Werther, pour cette fois-ci reprendre le vocabulaire des séries américaines. L’Eglise ordonne rapidement l’interdiction de l’ouvrage. Censure tout de suite suivie en Italie, à Leipzig et Copenhague. Et ainsi est né l’effet Werther : né de la mort d’un personnage de fiction.

Enfin pas tout-à-fait, puisqu’il faut attendre les années 70 pour qu’il soit théorisé par David Phillips, un sociologue. Soit dit entre parenthèse que oui, il fallait bien un sociologue, discipline elle même né d’un Le Suicide… le titre de l’ouvrage d’Emile Durkheim. L’effet Werther donc, effet qui montre que de mettre un suicide sur les feux de la rampe médiatiques augmente presque mécaniquement sa fréquence dans la société.

Mais je ne voulais pas vous parler ce soir de la dimension panurgique de l’être humain, ni même de l’influence des média sur nos vies. Je voulais vous parler d’Europe. Puisque, comme le Dieu biblique, la littérature européenne donne et la littérature européenne reprend. Car en effet, il existe un effet contraire à l’effet Werther et lui aussi est issu directement de la littérature, au sens large, européenne.

J’ai nommé l’effet Papageno.

Lui est donc tiré de l’Opéra de Mozart, la flûte enchantée. Et lui montre, au contraire du premier, que lorsque l’on pointe les milliards d’autres options qu’il existe au suicide, eh bien… Eh bien miraculeusement, aussi magiquement qu’une flûte qui a traversée les siècles pour arriver maintenant dans votre poste de radio, la propension au suicide dans la société diminue…

Donc si, en écoutant ce morceau d’information grandiloquente, prononcée sur un ton désuet et porté par une musique centenaire, vous avez vous même pensé à quelqu’un, qu’il s’agisse de vous-même, de vos proches ou de vos moins proche. Faites comme Napoléon, en son temps face aux pyramides : songez vous aux siècles de l’Europe qui vous contemplent, vous bercent et qui vous aiment.

Uni dans la diversité, certes, mais uni d’abord.

Je rappelle à toutes fins utiles que de nombreux numéros existent pour vous aider et vous assister au cours d’un passage difficile. Pour n’en citer qu’un, celui de Suicide écoute : le  01 45 39 40 00.

Aimez-vous l’Europe ?

Parce que nous oui !

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