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Ewan Quinio – Europe’s coming 20 ème épisode

L'édito du vendredi

Europe’s coming 20 ème épisode : « Avec François Xavier-Bellamy, la droite française choisit de mettre en avant l’un des seuls sujets qui ne concerne pas l’Europe.

Bonjour Simon,

La semaine politique aura donc été marquée par la nomination de François Xavier-Bellamy comme tête de liste des élections européennes. Bonne nouvelle, la droite française est donc prête quatre mois avant l’élection européenne. Il ne manque plus que le ou la chef de file macroniste pour pouvoir compter sur tous les animateurs de la campagne qui vient. La droite française a donc fait le choix de s’y prendre plus tôt que lors des précédentes campagnes européennes. Seul hic et il est quand même de

taille, en faisant le choix de François Xavier-Bellamy connu d’abord et avant tout pour ses prises de positions sociétales, la Droite met en avant l’un des sujets sur lesquels l’Europe a le moins de compétence.

L’Interruption volontaire de Grossesse, le mariage pour tous, ce ne sont pas des sujets pour l’Europe et l’Union européenne en particulier ?

Non, l’IVG, le mariage pour tous autorisé ou pas, le recours à la GPA qui était hier soir à la une d’Envoyé Spécial, ce sont des sujets nationaux et des compétences étatiques. L’Europe n’a pas son mot à dire. Ce que l’on peut néanmoins observer, c’est que malgré la vague conservatrice et populiste en mouvement sur tout le continent, certains droits progressent. L’IVG devient petit à petit un droit dans chacun de nos pays.

Le Site ToutelEurope.eu en faisait le bilan récemment : c’est bien simple, sur les 28 pays européens, seuls deux pays européens s’y opposent : Malte et la Pologne. « En Pologne, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol, d’inceste, de danger pour la mère ou de malformation irréversible du foetus. Après avoir tenté de l’interdire totalement en 2016, le gouvernement a souhaité le restreindre en revenant sur son autorisation en cas de malformation, qui concerne 90% des cas dans le pays. Face aux mobilisations de masse qu’il a suscitées, le projet a été repoussé ».

Il n’y a qu’à Malte que l’IVG est totalement interdite, quelle que soit la situation. Les contrevenants, femmes ayant avorté ou médecins ayant pratiqué une IVG, risquent jusqu’à 3 ans de prison ferme. »  Dans le reste de l’Europe, le recours a l’IVG est devenu possible pour les femmes qui le décident entre 10 et 24 semaines. 12 étant la moyenne. Même l’Irlande qui était l’un des pays les plus réticents en la matière y est venu. L’interdiction de l’IVG était pourtant d’ordre Constitutionnel qui indiquait les mêmes droits de vie pour le fœtus que pour la mère.

Après plusieurs scandales qui ont secoué le pays, un référendum fût organisé : « le 25 mai 2018, les Irlandais se sont alors prononcés à 66,4% pour l’abrogation de cet amendement. Un « oui » qui a ouvert la voie à une loi élargissant le droit à l’avortement dans le pays, votée par le Parlement le 13 décembre 2018 ».

Sur le mariage pour tous, où en sommes-nous en Europe ?

Une nouvelle fois le décompte est fait par l’excellent site d’information Touteleurope.Eu. Et que nous disent-ils ? 14 membres de l’Union européenne) reconnaissent le mariage homosexuel : les Pays-Bas ont ouvert le chemin en 2001. D’autres ont suivi. La Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009, avec une disposition obligeant l’Eglise à trouver un pasteur pour célébrer les mariages religieux Oui Oui), le Danemark (2012), la France (2013), la Grande-Bretagne (Angleterre et Pays de Galles en 2013, Ecosse en 2014), la Finlande (2014) le Luxembourg, l’Irlande (2015). En 2017, quatre nouveaux pays ont autorisé le mariage homosexuel : Malte, l’Allemagne, la Finlande et l’Autriche. Sur les 28 pays membres, 22 autorisent une forme d’union civile. C’est donc 6 pays européens qui ne reconnaissent aucune forme d’union pour les couples homosexuels. On peut les citer : ce sont laSlovaquie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne.

Que disent les textes européens précisément ?

Pas grand chose. A y regarder de plus près la CEDH, la cour européenne des droits de l’homme a bien souligné le fait de faire attention aux discriminations. Le Parlement européen aussi. Par deux fois en 2003 et 2010, les députés européens ont essayé d’y revenir toujours via l’angle des discriminations. Mais on le voit et les différences qui persistent entre nos états le prouvent aisément et sans ambigüité : ces thèmes sociétaux ne sont pas des compétences européennes ; Certes, la question d’un couple homosexuel signifié dans un pays et décidant de rejoindre un pays ne reconnaissant pas cette forme d’Union rencontrera bien des tracasseries administratives mais pour le reste, l’Union européenne sait pertinemment que ces sujets sociétaux sont de la nitroglycérine. Chacun est et restera donc libre. Une partie de l’extrême droite européenne rêve d’arriver au pouvoir pour revenir  sur ces nouveaux droits sociétaux. Si tel devait être le cas, l’Europe n’y pourrait rien. C’est bien au niveau des Etats que cela se joue et se jouera. Aux citoyens de se mobiliser, aux citoyens d’en décider dans chacun de nos pays. La droite française en fait un thème de l’élection européenne. Un peu curieux quand même. Il y avait tant et tant de sujets clairement européens disponibles.

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