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Brexit, voit-on le bout du tunnel ? – Anne Macey

Alexia Echerbault 15 March 2019

[PODCAST]

Typiquement, quand les citoyens se déplacent peu pour aller voter, ce sont les extrêmes qui gagnent comme aux dernières élections européennes en 2014. Le choix est entre nos mains.

Un édito d’Anne Macey de Confrontations Europe qui colle à l’actualité: le Brexit.

La semaine a été mouvementée avec une série de votes au parlement britannique. On en est où ?
On le sait, des dirigeants britanniques irresponsables ont commis l’erreur d’embarquer leur peuple
vers une sortie de l’Union sans même l’informer de ce que ca voudrait dire postBrexit, et pour cause
ils ne sont toujours pas d’accord. Le parlement britannique est tellement divisé qu’aucune majorité
ne se dégage pour l’une ou l’autre voie.

Pourtant un accord de retrait a bien été négocié entre Britanniques et Européens et validé côté
Européens. ..

Oui les Européens ne voudraient surtout pas retenir les Britanniques dans l’Union alors qu’ils ont
décidé de sortir. Mais encore faut-il qu’ils se mettent d’accord sur ce qu’ils veulent. Or, l’accord de
retrait négocié par la Première ministre britannique à déjà été rejeté deux fois le 15 janvier et mardi
12 mars dernier, massivement par le parlement britannique.
jusqu’à présent, la stratégie de Mme May était votez l’accord de retrait, sinon il y aura Brexit dur,
sortie sans accord qui fera mal à tout Le monde, Européens et Britanniques, mais surtout aux
Britanniques. Manque de pot pour la stratégie de Mme May, mercredi dernier, le parlement
britannique a voté pour exclure la possibilité de Brexit dur. C’est en réalité assez théorique parce
que si les Britanniques ne se mettent pas d’accord sur une autre option, il y aura sortie sans accord
ou Brexit dur.

Si je comprends bien, Theresa May n’a pas lâché l’affaire, mais elle a dû changer de stratégie ?

Absolument. À présent, sa stratégie est de dire votez mon accord de retrait, sinon le report de la date
du Brexit pourrait nous contraindre de rester dans l’Union. Hier jeudi, les parlementaires
britanniques ont aussi sans surprise rejeté l’option d’un nouveau référendum. Ils ont en revanche
validé massivement pour une fois la demande de report de la date du Brexit qu’ils avaient eux-
mêmes fixée au 29 mars à minuit.

Un délai sur le Brexit donc. Et maintenant qu’est-ce que ça veut dire ?

Il y a deux options soit ce délai est technique, c’est-à-dire qu’il vise à mettre en œuvre l’accord de
retrait, et court jusqu’au 30 juin 2019, alors dans ce cas, il est probable que les Européens qui
doivent se prononcer à l’unanimité l’acceptent. Car, comme les députés européens élus le 26 mai
prochain ne se réuniront que le 2 juillet, ces élections ne pourront pas être invalidées au motif que
l’un des peuples, britannique en l’occurrence, n’aurait pas voté. Soit deuxième option, le délai doit
être plus long pour que les parlementaires britanniques se mettent d’accord, mais là l’équation est
compliquée. S’Ils restent dans l'Union au-delà de la mandature en cours, qui s’achève le 30 juin, pour
ne pas invalider la légalité des élections européennes , il faudrait qu’ils élisent leurs représentants au
Parlement européen le 26 mai. Mais on ne va pas leur demander de voter aux élections européennes
alors qu’ils ont décidé de sortir ! Il faudra bien pour que les Européens acceptent un délai
supplémentaire que les Britanniques nous disent pour quoi faire.
En résumé, mercredi 20 mars prochain, le parlement britannique votera pour la 3 e fois sur l’accord de
retrait négocié. Soit il est voté et le délai sera donc technique jusqu’au 30 juin prochain. Soit il est
encore rejeté, et le délai pourrait être plus long le Royaume-Uni rester encore dans l'Union, ou toute
cette histoire se solder par un Brexit dur.

C’est si compliqué de sortir de l Union ou ce sont les Britanniques qui pédalent dans la
choucroute ?

Ca aurait pu être très simple si les Britanniques s’étaient mis d’accord au préalable sur le type de
Brexit qu’ils voulaient et avaient fait voter le peuple sans lui promettre tous les avantages de l’Union
européenne alors qu’ils en sortent sans les inconvénients, c’est-à-dire la nécessaire solidarité
financière qui va avec, le respect de règles communes… On entend parfois, dans la bouche
d’anti-Europeens surtout, que Bruxelles empêcherait les peuples de sortir. C’est faux. Bruxelles
d’abord, ce n’est pas la Commission européenne qui n’a qu’un pouvoir de proposition. Qui décide
au niveau européen ? Ce sont l es chefs d’État et de gouvernement réunis au sein du Conseil et le
Parlement européen que nous éliront à un seul tour le dimanche 26 mai prochain. N’oubliez pas vos
procurations si vous n’êtes pas là, en plus c’est la fête des mères. L’Union européenne ce n’est pas
l’Union soviétique ce type de comparaison est un peu forte de café. Les peuples sont libres de la
rejoindre ou la quitter. Et s’il est vrai qu’Il y a quand même pas mal de choses à changer en Europe
pour qu’on puisse tous y trouver notre place, alors, déplacez-vous le 26 mai, si vous voulez que ceux
qui seront élus se battent pour l’améliorer. Typiquement, quand les citoyens se déplacent peu pour
aller voter, ce sont les extrêmes qui gagnent comme aux dernières élections européennes en 2014.
Le choix est entre nos mains.