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Le cinéma belge – Raluca Calin

Eugène Sandoz 18 April 2019

[PODCAST]

Comme le thème de ce soir est la Belgique, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander qu’est-ce que le cinéma BELGE ?

Je vous propose donc un cheminement parmi les trois régions : Wallonie, Flandres et Bruxelles-Capitale, afin de découvrir leur fonctionnement et répondre a cette question.

Il s’agit d’un des six pays fondateurs de l’Union Européenne, c’est également une monarchie constitutionnelle fédérale avec un régime parlementaire. Le pays est divisé en deux régions : la Flandre, composé d’une communauté flamande, d’environ 57% de la population ; et de la Wallonie, communauté française de Belgique, d’environ 43% de la population. La jonction est faite par la région de Bruxelles, qui est bilingue.

Je me suis amusée à regarder les grandes dates qui ont marqué cette cinématographie et je vous propose ici de sillonner en moins d’une minute à travers plus de 120 d’histoire du cinéma.

En 1896 a eu lieu la première projection dans les galléries de la Reine suivie en 1897 par le premier film belge réalisé par Hyppolyte de Kempeneer : « Le roi Leopold à l’exposition de Tuervneren » et en 1912 par la création du premier long métrage de Alfred Machin : « L’histoire de Minna Claessens ».

En 1938 – Henri Stork fonde la Cinémathèque Royale de Belgique. L’évolution du système cinématographique belge va être stoppé net en 1947 par les Accords du Plan Marshall – qui demandaient en contrepartie de l’aide américaine, que la Belgique renonce à la production cinématographique et d’automobiles.

L’année 1951 marque pour les Belges non seulement la construction européenne, mais aussi la première coproduction européenne : « Le bouquet des fraudeurs » de Henri Stork – film qui vante les mérites de la création du Benelux. En 1967 est fondé le Centre de cinéma de la Communauté française qui accordera des aides publiques, dont la création d’une avance sur recettes.

1999 – première Palme d’Or à Cannes pour les frères Dardenne, avec « Rosetta », suivie d’une seconde en 2005 pour « L’Enfant ». 2003 – Début de la Nouvelle vague flamande lancée par Tom Barman suivie en 2005 par la Nouvelle vague francophone et la mise en place de la TAX SHELTER – une incitation fiscale qui dope les financements.
Parlant financements, chacune des régions belges a des modèles d’aide qui lui sont propres. La somme totale des aides de ces deux régions est comprise entre 10 et 12 millions d’euros suivant les années .

En Belgique francophone (Wallonie) le service d’aide principal s’appelle le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel. Il aide le cinéma belge francophone à toutes les phases de la production, en commençant par le développement, et en allant jusqu’au soutien des salles d’exploitation. Ces aides sont pour la plupart sélectives. La Commission de Sélection des Films, examine chaque demande d’aide et donne son avis au Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel. Son enveloppe budgétaire audiovisuelle globale pour l’année 2014 était de 28 269 064 million euros, dont plus de 62 % sont des apports directs de la Fédération Wallonie Bruxelles et pour le reste de l’enveloppe il s’agit surtout d’apports de contributions extérieures.

D’une manière plus générale, les films belges francophones semblent mieux circuler sur le territoire européen que ceux d’origine flamande. La raison est certainement la diversité linguistique et e fait que les films de langue française ont plus de succès auprès du public.
Ce n’est pas donc étonnant qu’entre 2000 –2010 le nombre de films belges francophones a triplé. Se rajoute en 2010 Bruxellimage – un fonds d’investissement qui s’adjoint au fonds wallon, et qui
soutient des films cosmopolites.

Pour la Flandre, le service d’aide principal s’appelle le Vlaams Audiovisueel Fonds, que les flamands pardonne mon accent ! Il fut crée en 2002 et son objectif à long terme est de développer une industrie audiovisuelle flamande qui dure. En moyenne, plus de 78% de son budget annuel de 12,5 millions € (en moyenne) vient du gouvernement. Ce soutien comprend les mêmes points généraux que ceux du Centre de cinéma Wallon.

Les demandes d’aides sont égalent soumises à la sélection par une commission. Le VAF a développée également un département d’aide à la promotion qui a pour nom Promotion
Flanders Images, son objectif étant de faire connaître les films flamands tant dans leur pays d’origine qu’à l’étranger.
Ces aides doivent être dépensées dans leurs régions respectives. D’autres aides régionales comme Screen Flanders pour la Flandre, Wallimage pour la Wallonie ou Wallimage-Bruxellimage pour la région de Bruxelles-Capitale existent.

Enfin, parlons du mécanisme de financement qui intrigue le plus : La TaxShelter

Pour financer leurs projets cinématographiques et rendre son territoire attractif, l’Etat Belge a mis en place depuis 2004 un certain nombre d’incitations fiscales permettant aux entreprises de production d’obtenir des exonérations qui peuvent aller jusqu’à 150% du montant investi dans une production audiovisuelle deBelgique. Des lois encadrent ce modèle, mais elles semblent encore simples à contourner.

N’est-ce pas un format politique plutôt enclin à diviser plutôt qu’à réunir les belges ?

En effet, Eugène, c’est une question très pertinente, car le cinéma belge souffre d’un déficit d’image. Entre des comédies déjantées et des films sinistres, les publics ont du mal à s’y retrouver.

Le cinéma belge est en effet un cinéma ouvert sur le monde, qui pourrait être qualifié de cinéma de prototype, car composé de styles uniques. Il est donc difficile de l’identifier à une industrie. Et s’il est bien identifié à l’étranger, il n’est pas franchement reconnu dans les frontières.

Si la Belgique pourrait être vue comme une grande frontière plutôt qu’un pays, c’est que la constante séparation économico-culturelle entre les français et les flamands demeure. Deux territoires, deux cinéma différents, deux langues, deux publics – unis par leur nationalité et leur sentiment de non-appartenance.

Si le cinéma Wallon se fait voler la vedette par le cinéma français, la Flandre a mis en place un système de financement vertueux et autosuffisant, basé sur le modèle américain – un cinéma populaire adepte du star system. Le style flamand est identifié comme étant qualitatif et identifiable.

En conclusion, le cinéma belge est un cinéma qui bénéficie d’une grande liberté d’expression, des films qui ont de la gueule, ou qui ont une gueule à part. Ce sont aussi des films casse-gueule ou au contraire qui en mettent plein les yeux.

Mais le cinéma belge reste un cinéma d’aéroport : une sorte d’OVNI hybride qui pourrait être de partout ou de nulle part.

Aimez-vous l’Europe ?

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