Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

L’AfterWork

16:00 20:00

Current show

L’AfterWork

16:00 20:00

Background

L’édito d’Albrecht Sonntag – Le Brexit cache une bonne nouvelle printanière !

L'édito du jeudi 21 March 2019

[PODCAST]

L’édito d’Albrecht Sonntag, de l’ESSCA Ecole de Management, à Angers.

Qu’est-ce que vous nous avez préparé pour ce début de printemps ?

Ah, le printemps 2019 – ça ne devait pas être le Brexit ? Je l’avais pourtant marqué en rouge dans mon calendrier. Finalement, ce sera peut-être l’été. Mais le printemps, c’est le moment de « positiver », sinon, vous le ferez quand ? J’ai donc décidé d’aborder le psychodrame britannique de manière positive.

Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas évident ! Nous sommes curieux de savoir de ce que vous pouvez y trouver de positif…

C’est en écoutant ma formidable collègue Joyce Liddle, professeur à l’Université de Northumbria, à Newcastle, que je suis tombé sur un aspect du Brexit qui m’a beaucoup fait sourire. Appelons-le « le facteur humain ».

Avec deux collègues, Joyce a fait une petite recherche des plus originales. Elle s’est intéressée à la dimension régionale du Brexit – un peu comme on l’a fait en février à l’ESSCA, soit dit en passant. Ils se sont penchés sur deux régions importantes : le Nord-Est de l’Angleterre, et les Midlands autour de Birmingham, la deuxième ville du pays.

En l’espace de 18 mois, ils ont mis à l’épreuve leur concept du « leadership relationnel » dans le contexte des négociations du Brexit. Leur terrain, c’était les dirigeants municipales et régionales de cette région, élus et hauts fonctionnaires. Et ce qui les a particulièrement intéressés, c’est la manière dont les « expériences vécues », les connections et les relations avec leurs homologues européens au cours des dernières années, parfois décennies, ont nourri leurs connaissances et leurs compétences.

Ils ont conduit plusieurs dizaines d’interviews avec des dirigeants municipaux de premier plan, mais aussi avec des représentants des collectivités territoriales britanniques à Bruxelles. Une enquête qualitative de haut niveau.

Et qu’est-ce qui en ressort de leur enquête ?

J’allais y venir. Il en ressort que l’ensemble de leurs interlocuteurs étaient convaincus que les rencontres régulières avec leurs homologues du continent, surtout lorsqu’ils avaient lieu dans le cadre de projets européens de différentes natures, avait établi des réseaux relationnels très précieux et des liens interpersonnels de confiance et d’écoute. Deux des mots clés de leur recherche sont le « flux d’idées » et « transfert de connaissances ». Il est vrai qu’il n’y a aucun projet collaboratif européen sans inventaire de « bonnes pratiques » – « good practices » – quel que soit le domaine. Et souvent, les bonnes pratiques qui marchent, on les trouve chez les autres, ou du moins de quoi s’inspirer. Travailler de manière soutenue avec des homologues d’autres nationalités, ça permet de prendre du recul et d’apprendre quelque chose, sur soi-même et sur les problèmes qu’on cherche à résoudre. Ce n’est pas à Euradio que j’ai besoin d’expliquer cela.

Bref : l’ensemble des leaders régionaux interviewés ont exprimé leur inquiétude de voir, une fois le Brexit consommé, ces transferts de connaissances se tarir inexorablement, et du coup, leurs capacités de leadership relationnel s’estomper dans une « splendid isolation » qui n’aura rien de splendide.

Et que disent ceux parmi ces responsables régionaux et municipaux qui ont voté POUR le Brexit ?

Eh bien, ils n’en ont pas trouvé ! Je posé la même question à Joyce, et elle m’a assuré que ce n’est pas faute d’avoir cherché. Mais dans les deux régions – où le « Leave » l’a pourtant emporté lors du référendum – ils n’y en avait pas, en tout cas au niveau de responsabilité élevé qu’ils ont visé dans leur enquête.

Et comment vous expliquez cela ?

Spontanément, je renverrais notamment à la stabilité relative des dirigeants et hauts fonctionnaires régionaux et municipaux, qui s’inscrivent souvent davantage dans la durée que les leaders nationaux. Personne ou presque ne connaissait Theresa May avant le référendum ; et une fois que le Brexit sera enfin réalisé, elle ne fera plus long feu. Mais dans les territoires, souvent, les personnes restent, et avec eux, les relations inter-personnels.

Joyce et ses amis n’ont pas osé mettre le mot dans la conclusion de leur étude, mais moi je n’hésiterais pas à appeler ce « facteur humain » tout simplement « l’amitié ». Et vous savez quoi ? Ces amitiés risquent même de perdurer après le Brexit. La bonne volonté est là, des deux côtés de la Manche, et dans les territoires, on est déjà en train de réfléchir comment préserver les liens et les échanges.

Voilà ma contribution positive et pleine d’espoir pour le début du printemps !

La matinale d’Euradio

Débutez la journée avec l'essentiel de l'info européenne !

More info