Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Bechamel Chacha

22:00 24:00

Current show

Bechamel Chacha

22:00 24:00

Background

L’édito de Viviane Gravey – Theresa May : L’Indéboulonnable

L'édito du lundi 25 March 2019

[PODCAST]

Une première ministre indéboulonnable ?

Theresa May a encore survécu à une semaine impossible. Comment réussit-elle ? Et combien de temps peut-elle encore tenir ? Revenons tout d’abord sur cette semaine infernale.

Lundi, le speaker de la Chambre des communes, le président impartial de la chambre, a coupé net l’envie de May de mettre au vote son accord une troisième fois. Exhumant une règle de 1604, le speaker John Bercow a expliqué qu’il ne pouvait décemment pas accepter que la chambre vote encore et encore sur le même texte. Et c’est ainsi qu’un nouvel obstacle inopiné se trouve érigé sur la route de Theresa May. Non seulement il semble peu crédible que son parlement puisse politiquement se ranger derrière son accord, mais cela parait maintenant administrativement impossible.

Comment Theresa May peut-elle se dépêtrer de ses nouveaux ennuis parlementaires ? Le Speaker est sans appel – il faut changer le texte. Or, côté bruxellois, le message est clair depuis longtemps – l’accord de sortie reste le même.

En voyant arriver Theresa May à Bruxelles le mercredi, les dirigeants européens espéraient se voir rassurés – entendre un plan A, un plan B. Mais Theresa May n’avait rien de nouveau à apporter. Pendant sa présentation initiale et pendant l’heure et demie de question qui l’ont suivi, Theresa May a inquiété ses pairs. Avant de l’écouter, Macron donnait 10% de chance à l’accord de ratifier. Après – moins de 5. Une fois May hors de la salle les dirigeants européens vont alors faire ce qu’ils s’étaient promis de ne pas faire : essayer de résoudre le Brexit pour les britanniques. Leur solution ? Une double extension, bien moins généreuse que celle demandée plus tôt par May.  Si l’accord est accepté, le Royaume Uni a jusqu’au 22 mai, pour tout voter et sortir en ordre. Si l’accord ne passe pas, le Royaume Uni a jusqu’au 12 avril pour revenir à Bruxelles et annoncer soit sortir sans accord, soit demander une nouvelle extension.

En revenant de Bruxelles, Theresa May a fait l’impensable. Première ministre avec une toute petite majorité à la Chambre, incapable de faire passer son accord sans le soutien d’une partie de son opposition, elle décide de faire une allocution et d’attaquer tous les députés. S’adressant directement à la nation, elle explique que les députés empêchent le Brexit.

Ce soir-là, une pétition est lancée sur le site officiel du parlement britannique, demandant la révocation de l’Article 50, l’annulation pure et simple du Brexit, ce que le Royaume Uni peut faire jusqu’au jour de sa sortie. En moins d’une semaine elle a recueilli plus de 5 millions de votes.

Donc, tout ça s’est passé dans les trois premiers jours…

Et la suite de la semaine ne s’est pas améliorée pour May. Samedi, plus d’un million de personnes ont manifesté dans les rues de Londres demandant un nouveau référendum. Et Dimanche, ses députés et ministres ont essayé de la forcer à démissionner.

Et pourtant, et pourtant, elle tient encore. Si Margaret Thatcher était connue comme la Dame de Fer, Theresa est l’Indéboulonnable. Du Brexit, de cette volonté de ‘reprendre le contrôle’, il ne reste presque plus rien. Cette semaine, May a perdu le contrôle de son Brexit trois fois : perdant face à une règle datant du 17ème siècle, face aux membres du conseil européen, et face à la mobilisation populaire croissante contre le Brexit. Le seul contrôle qu’elle garde pour le moment est celui du gouvernement. Diviser, non pas pour mieux régner mais pour rester en place. A ce jeu-là, May n’a pas sa pareille.

La matinale d’Euradio

Débutez la journée avec l'essentiel de l'info européenne !

More info