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L’édito d’Erwan Quinio – Et Erasmus+ dans la saga Brexit ?

L'édito du vendredi

[PODCAST]

Europe’s coming, 32 ème épisode : « Comment il fait Erasme avec le Brexit ?»

Le Brexit est évidemment au centre de toute l’actualité européenne. Et dans toute la presse européenne, l’interminable feuilleton à la Chambre des communes anglaises alimentent une multitude d’articles. Les historiens peuvent déjà rangé la Une du Guardian parmi les plus collector du journal. Cette semaine le journal a titré NO, no, no, no, no, (je reprends mon souffle) no, no, no, no. 8 fois No, et autant de refus des députés anglais à toutes les propositions qui leur étaient soumises. Allant du Brexit dur, à un brexit semi-rigide au mou, nos amis anglais de Westminster ne sont d’accord sur rien.

Dès lors, chacun examine les conséquences des dernières options sur la table.

Exactement. Pour les entreprises de la finance, pour les PME, les produits agricoles, pour les travailleurs d’origine européenne, pour les retraités et les soins médicaux, sur le cas bien spécifique de l’Irlande, celui aussi des pêcheurs notamment français mais pas seulement puisque les eaux anglaises sont les zones de 50% des captures des pêcheurs bretons mais sont aussi appréciées des pêcheurs allemands, belges, danois, espagnol, irlandais, hollandais, et même polonais ou suédois. A croire que tous les poissons du globe s’y sont réfugiés et s’y cachent. Sur tous ces sujets, on commence à pouvoir évaluer l’étendu du problème.

Mais, il y a un sujet moins visible qui commence à inquiéter largement, c’est le sort qui sera réserver aux étudiants Erasmus.

Comment cela peut-il se passer concrètement ?

En fait, pour le programme Erasmus +, c’est le scénario du Brexit sans accord qui serait une catastrophe. Dans tous les autres scénarios, on devine qu’il ne sera pas difficile de s’entendre. D’ailleurs, on peut rappeler que 6 pays non-membres de l’Union européenne appartiennent déjà au programme d’échange d’étudiants. C’est l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Turquie, l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine -qu’il faut désormais appeler la Macédoine du Nord- et la Serbie. Le programme étant populaire des deux côtés de la manche, il est déjà acquis que chacun ne jettera pas le bébé avec l’eau du bain.

La question devient en revanche beaucoup plus sérieuse en cas de no-deal, de non-accord. Car là tout devient possible même le plus idiot. Résumons. L’Angleterre a des obligations financières, budgétaires aves l’Union européenne. Environ 40 milliards d’Euros qui s’étendent jusque 2021. Si le pays prend la porte sur un coup de tête, alors le bras de fer semble inévitable. Et dans ce cas, gageons que le programme Erasmus + ne devienne alors du jour au lendemain que le cadet des soucis d’une situation devenue alors explosive.

Ce scénario noir est-il sérieusement envisagé aujourd’hui ?

Oui. Et bien plus qu’on ne l’imagine. D’ailleurs, deux journalistes du journal Le Monde ont creusé la question cette semaine. Éric Albert et Jean-Pierre Stroobants nous alertent sur les impacts déjà visible que provoquent les incertitudes des négociations actuelles.

Pour l’année 2017-2018 et« Pour la première fois (de l’histoire du programme), le Royaume-Uni n’a pas été la première destination des étudiants français d’Erasmus +. L’Espagne passe devant, ayant reçu 8 200 étudiants (+ 20 %), tandis que 8 000 (+ 7 %) allaient dans une université britannique. Toutes les autres destinations faisaient un bond : + 70 % vers la Belgique, + 44 % vers l’Italie, + 20 % vers la Suède, autant vers l’Irlande… » Et l’horloge tourne. Le gouvernement anglais doit encore régler 4 milliards d’euros pour l’année 2019. « Le gouvernement de Londres, qui verse annuellement quelque 15 milliards d’euros au budget communautaire, a jusqu’au 18 avril pour confirmer qu’il honorera cet engagement pour l’année en cours. S’il ne le fait pas, Erasmus + ne sera plus accessible aux candidats britanniques. En 2016-2017, quelque 32 000 étudiants européens sont venus au Royaume-Uni, tandis que 16 500 Britanniques sont partis dans le reste de l’UE. Les anglais voyagent moins en Europe. L’anglais étant déjà la langue des échanges internationaux, ils n’en voient pas toujours l’intérêt. Sauf qu’un Brexit sans accord pénaliseraient les plus motivés, les plus ouverts. Un Brexit sans accord, c’est le risque que les nouveaux Erasme des deux côtés de la Manche reste à quai. L’Angleterre y perdrait, l’Europe aussi.

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