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Michelin 2019 : femmes cheffes sur le podium

Eugène Sandoz

On parle cuisine et on parle femmes en cuisine, qui seraient (sembleraient-il), de plus en plus reconnues. Une semaine après la sortie du nouveau Michelin 2019, la 110 ème édition du livre rouge, référence en matière de gastronomie française, Sophie Allemand revient sur les différentes étoiles distribuées. En particulier aux Chef-FES.

Vous avez bien raison d’insister : Chef-FES. Car une étoile pour un chef qui le veut, c’est déjà le summum du mérite. Pour une femme cheffe, c’est plus rare, ça en devient encore plus marquant.
Le Michelin cette année semblerait évoluer. C’est un bon signe ! Car même si le livre rouge pèse moins qu’avant – ses ventes ne dépassent plus les 30 000 exemplaires, contre 600 000 en 1999 – les choix faits par le jury symbolisent les attentes et idéaux que l’on se fait de la cuisine française actuelle.

Cette fois, des petites nouveautés ont relooké la cérémonie : des prix pour l’environnement, pour le service et l’équipe, et surtout plus de femmes primés. Je ne vais pas vous faire une liste exhaustive des différents étoilés, mais cette année, elles étaient une dizaine parmi les soixante huit chefs qui ont reçu leur première étoile. C’est énorme, comparé aux années précédentes. L’an dernier, sur les couples de chefs étoilés, seul
l’homme avait été nommé. La femme elle, restait dans l’ombre. Bilan : pas une seule femme n’avait été primée en 2018.

En plus, pour cette 110 ème édition, il y a aussi Stéphanie Le Quellec de la Scène du Prince de Galles qui accède aux deux étoiles. C’est bien la seule cheffe à les détenir désormais. Alors qu’étonnamment, autrefois, des cuisinières de talents ont marqué l’histoire du Michelin. Comme les mères lyonnaises à Lyon : la Mère Brazier a même reçu deux fois trois étoiles en 1933. Et pour la petite histoire, c’est aussi elle qui a formé le fameux Paul Bocuse. Aujourd’hui, seule Anne-Sophie Pic qui tient la maison Pic à Valence détient le triplé.

Parmi nos dix lauréates en 2019, il y a Amélie Darvas, pour Aponem ou encore à Paris, Julia Sedefdjian pour Baieta, 23 ans seulement et Ayumi Sugiyama chez Accents. C’est ainsi la pâtisserie qui est aussi mise en avant cette année. Car Ayumi Sugiyama est pâtissière et propriétaire de son établissement. Le sucré lui, est rarement primé par le Michelin. Souvent d’ailleurs il est considéré comme plus « féminin ». Car oui aujourd’hui encore en cuisine, nombreux sont ceux qui croient les femmes plus « patientes » … « délicates » que les hommes. La douceur ne serait qu’un détail en plus après le repas. Et pourtant, c’est bien le pâtissier Sébastien Vauxion, à la tête du Sarkara à Courchevel, qui devient aussi le premier chef dont le restaurant ne propose que des desserts à obtenir une étoile.

Et la modernité s’accompagne de nouveau prix. Celui du développement durable a vu le jour. C’est Christopher Coutanceau, 2 étoiles à La Rochelle qui l’a reçu. Ce dernier est très engagé dans la pêche durable, il lutte contre la pêche électrique avec l’Association Bloom.

Le prix du meilleur accueil et service met en avant le travail de toute l’équipe, pas seulement celui du chef. C’est la jeune Sarah Benhamed du Crocodile de Strasbourg qui est repartie avec. Ce restaurant qui détient une étoile a d’ailleurs été choisi comme le meilleur restaurant du monde sur TripAdvisor, l’année dernière. Car évidemment et heureusement, le guide Michelin n’est pas la seule référence quand il s’agit de s’attabler et de choisir une bonne table. Déjà tout le monde n’a pas le budget, mais regardez bien dans les cuisines où vous vous rendez au quotidien, ces restaurants qui vous nourrissent tous les jours : nombreuses sont les femmes qui y travaillent.