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Edito politique : Traité d’Aix-la-Chapelle et divisions européennes

Eugène Sandoz

Le 22 janvier dernier, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont signé le désormais traité d’Aix-la-Chapelle déchainant ainsi fantasmes, fièvres fascisantes et délires complotistes. Loin de céder l’Alsace et la Loraine, de partager le siège de la France au conseil de sécurité ou même de vendre le pays à la découpe, ce traité revient sur tous les domaines de coopérations entre Paris et Berlin, avec de nouvelles ambitions, de nouveaux outils et de nouveaux objectifs.

Voyons comment la France et l’Allemagne procèdent à la relance de l’union dans une période pour le moins tourmentée. Face aux risques de délitement de l’union, sur fond de Brexit délicat aux conséquences encore incertaines et devant les turbulences auxquelles il faut faire face sur la scène internationale, l’Union Européenne doit avancer ou, en tout cas, donner le sentiment qu’elle n’est pas en proie aux doutes et aux atermoiements d’hiver.  Ce traité va donc dans le sens d’une Europe à deux vitesses où certains avanceraient plus vite que d’autres. Mener une politique concertée voilà toute la difficulté à laquelle fait face l’Union Européenne. Mais, ce n’est pas nouveau, depuis bien longtemps déjà les divisions existent entre les Etats membres, entre le Nord et le Sud, entre l’Ouest et l’Est, ce qui génèrent de nombreuses fractures.

Mais il faut relativiser cette ligne de fracture; d’abord parce que tous les Etats de l’Est ne constituent pas un bloc homogène et parfaitement d’accord entre eux, d’autre part parce que personne, et en particulier pas les Etats de l’Est n’ont les moyens de souhaiter cela pour cause de marché unique, de subventions européennes, etc. Mais progressivement c’est une nouvelle ligne de fracture qui s’installe en Europe. Nous pouvons même parler de « balafre »; la montée des populismes et nationalismes, qui nourrissent le sentiment que l’Europe est le générateur de tous les maux, ajoute une nouvelle division entre, d’un côté les pros européens, et de l’autre les nationalistes, entre d’un côté l’ouverture et de l’autre le repli.

Ce n’est plus une carte des divisions que l’on dresse mais un quadrillage !