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Vivante pour la Saint-Valentin

Eugène Sandoz 15 February 2019

Bonsoir Eugène, bonsoir chers auditeurs.
J’avoue que pour préparer le sujet de ce soir je me suis trouvée bien embêtée. 
Eugène fait l’émission sur les quotas de pêche en Europe…et même si j’ai déjà parlé des quotas des femmes dans le cinéma, la musique et le théâtre…le poisson et le féminisme…ne sont toutefois sur la même longueur d’onde.
J’ai envisagé donc dans un second temps de vous parler de cinéma…me disant que, plutôt de vous ruiner au restaurant…vous pourrez aller au cinéma. Et là…gros moment de solitude…les grosses sorties de la semaine : énormément de dessins animés et de films dits familiaux. Car il ne faut pas se leurrer…Ce sont les vacances scolaires…Par conséquent…si vous ne souhaitez pas retomber dans l’enfance, messieurs-dames, peu de films pourraient potentiellement vous convenir.
J’ai fait le tour des cinémas…et les films à l’écran sont de l’ordre de « Nicky Larson et le parfum de Cupidon », vous proposant de retrouver un parfum miraculeux qui rendrait irrésistible celui qui le porterait. Vous pourrez potentiellement vous délecter devant « All Inclusive » et vous rêver sous les cocotiers, voir « A star is born » si vous l’avez pas déjà vu en streaming…dont les critiques parlent comme du nouveau Titanic.
Vous pouvez également regarder des films que j’appelle Collector, comme Casablanca, Love actually, PS I Love You, The Notebook ou Titanic même. 
Mais…j’arrive en fin de journée et tous les radios et télévisions vous ont déjà parlé de tout cela.
 Mais…pour comprendre…tu vas parler de quoi concrètement ? Car tu as occupé la moitié du temps d’antenne à nous dire de quoi tu ne vas pas parler.
Donc, j’ai décidé de ne pas faire tout à fait pareil, par esprit de contradiction d’une part…et par volonté de sortir du cliché, d’autre part.
L’événement qui m’a sidéré et qui féra l’objet de cette chronique est toutefois lié à la Saint Valentin. J’ai appris aujourd’hui, que derrière les chiffres mirobolants concernant les achats de fleurs et chocolats et même des bagues de fiançailles, le 14 février représente le moment où les violences faites aux femmes augmentent de 20 % selon la chercheuse australienne Lana Wells. Sans tomber dans le cliché…la Saint Valentin, toutes ces soi-disant preuves d’amour sont également l’occasion de reproches qui vont transformer cette fête en catalyseur de violence. Cette violence va être imputée aux femmes sous le cliché « tu vois ce que tu me fais faire? » ou réclamer de l’attention va déclencher des violences en tout genres, le plus souvent morales (du type insultes, dénigrements, et j’en passe). Si deux tiers des victimes de violences conjugales, quel que soit le niveau social, sont des femmes, il ne faut pas croire que les hommes y sont exclus.
C’est une des raisons pour lesquelles le collectif Citoyenne féministe a collé d’abord à Marseille et dans plusieurs grandes villes Françaises des QR codes portant le message «Aime-moi». Le collectif souhaite récolter des témoignages pour établir un diagnostic sur la mémoire traumatique et le suicide forcé. Ce QR code renvoie à un questionnaire en ligne afin de collecter des données concernant les suites de violences conjugales. Car, le message plus connu est celui qu’une femme meurt tous les deux jours des suites de violences conjugales. Cependant,  » Ces statistiques ne prennent pas en compte toutes les femmes en souffrance psychologique, « sous antidépresseurs, celles qui meurent à petit feu parce qu’elles sont isolées socialement ».
Forcément, moi, ce genre de nouvelle m’interpelle et me fait changer de regard sur la fête des amoureux. Car même si, avec un humour potache on pourrait dire que « c’est cadeau », cela ne reste pas moins un acte de violence gratuit qui nous pourrait nous concerner… et parfois un peu de trop près.

Aimez-vous l’Europe ?

Parce que nous oui !

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