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Viviane Gravey – 2019 va être une année chargée pour l’UE

L'édito du lundi

2019 va être une année chargée pour l’Union Européenne.

C’est non seulement l’année du Brexit – les Britanniques devant quitter l’UE à la fin Mars – mais c’est aussi, comme tous les cinq ans, l’année du renouvellement des institutions : tout d’abord les élections du Parlement Européen en Mai, suivies en suite par la mise en place d’une nouvelle Commission européenne, et par le choix des présidents et premier ministres européens d’un nouveau Président du conseil Européen pour remplacer Donald Tusk.

A ce cycle quinquennal s’ajoute, en Europe, un cycle semestriel : deux fois par an un différent Etat membre prend les commandes du Conseil des ministres, avec la possibilité d’influer tout particulièrement l’agenda politique mais aussi de faire parler de son pays à travers le continent. Ce changement se fait le 1er Janvier et le 1er Juillet. Et en se début d’année, c’est le tour de la Roumanie de prendre la présidence, après six mois de présidence autrichienne.

Cette présidence roumaine est une grande première – la première fois que le pays se retrouve ainsi au cœur des institutions européennes, onze ans après son entrée dans le club européen en 2007. En effet, plus l’Union s’élargit, plus de temps s’écoule entre deux présidences : ainsi, la dernière présidence française c’était sous Sarkozy, en 2008 et pour la prochaine il va falloir attendre 2022.

Une première présidence pour la Roumanie, ça signifie quoi ?

Une première présidence c’est une occasion unique pour la Roumanie d’une part se rappeler à l’Europe, et d’autre part de marquer, de façonner l’UE. C’est particulièrement intéressant pour la Roumanie, un pays qui a souvent mauvaise presse – rappelez-vous, en janvier dernier, Bucarest était remplie de manifestants contre la corruption du gouvernement. Si on parle souvent des problèmes de l’Etat de Droit en Pologne ou Hongrie, la Roumanie n’est, hélas, pas loin derrière. Les roumains exerçant leur droit à la liberté de mouvement et d’établissement en Europe sont eu aussi souvent mal perçus – en particulier au Royaume Uni, mais aussi en Italie ou encore en France.

L’occasion est donc donnée aux Roumains de donner ces six prochains mois une autre image de leur pays. L’occasion aussi, pour les autres européens de remettre en question leurs propres préjugés à l’égard des roumains.

Ce début d’une image plus positive de la Roumanie, on le voit avec la création d’un nouvel orchestre de l’Union Européenne, regroupant 90 musiciens des 28 Etats membres de l’Union. On le voit aussi, dans le discours de Donald Tusk lors de la soirée de gala d’inauguration de la Présidence, le 10 janvier dernier.

Que doit on retenir de ce discours de Tusk ?

Ce discours, et c’est assez rare pour être remarqué, fut prononcé en Roumain. Avec ce discours, l’ancien Premier Ministre Polonais et actuel Président du Conseil Européen a livré un mélange détonant de références culturelles communes d’une part, et de mise en garde sur les tensions européennes actuelles d’autre part.

Son court discours fait ainsi référence à un compositeur roumain, George Enesco, cite deux philosophes, Andrei Plesu et Mircea Eliade, parle d’Eugene Ionesco et raconte son long attachement aux voitures roumaines Dacia. Et puis il en vient au cœur de son propos : football…et état de droit.

Tusk nous renvoit en 1986 – ou le gardien de but Helmut Duckadam bloque quatre penalties, aidant ainsi son club a gagné contre Barcelone, en coupe des champions. Tusk enjoint la présidence roumaine, et avec elle, tous les roumains, à défendre ce qu’il appelle les fondations de notre civilisation politique : liberté, intégrité, honnêteté dans la vie public, Etat de Droit, et la Constitution.

La présidence roumaine sera-t-elle au niveau ? Les six prochains mois nous le dirons, mais le gouvernement roumain ne semble pas prêt à s’opposer à la Pologne ni à la Hongrie sur les questions d’Etat de Droit en Europe.

Mais quoi qu’il en soit, ce 10 janvier 2019 – tant sur la forme (en Roumain) que sur le fond (mêlant foot et littérature), Donald Tusk a montré à ses pairs européens ce qu’un discours public peut être : comment faire mouche, et parler vrai, en étant encourageant et pas insultant. Tusk, dont le mandat arrive à sa fin, sera décidément difficile à remplacer.

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