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La revue de presse soir du 16 avril 2019 : La poésie au chevet de Notre-Dame

Written by on 16 avril 2019

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
– Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Comme vous vous en doutez suite à cette lecture du poème “Notre-Dame de Paris” de Gérard de Nerval, cette revue de presse elle aussi sera un peu particulière.
S’il est formidable de constater l’unité de la presse mondiale, qui, dans son immense majorité, titre sur, “Notre Drame” comme le pose majestueusement le quotidien Libération.


Pourtant, c’est d’autres ouvrages de presse dont nous allons faire la revue aujourd’hui.
Profitant de notre rédaction internationale, c’est une revue des divers poèmes sur la cathédrale de Paris, mis sous presse un peu partout en Europe, que nous allons donc vous proposer.

Et nous commençons par un tour en Italie, avec Stefano Renzi qui nous lit un texte de Giuseppe Ungaretti :

«Di là, in fondo, vi appare come un minuscolo sepolcro la cattedrale, quadra. Poi, pian piano che ci si avvicina all’acqua, la cattedrale s’innalza, come un resuscitato, e quell’alto scheletro intona, come un organo un te deum, quando, vicini al ponte della Senna dove si forma l’isola di San Luigi, gli antichi edifici si affollano, e il passante moderno, sconcertato, sprofonda, laggiù, verso il Giardino delle Piante»

Guiseppe Ungaretti se balade dans les rues de Paris, avec son ami Guillaume Apollinaire. C’est une nuit de 1912.
Le poète italien décrit la cathédrale de Notre-Dame comme un squelette récemment ressuscité qui se lève et commence à chanter un « te deum ».
Le passant moderne, choqué, s’effondre devant telle grandeur !

On reste à Paris, mais on part en Espagne en compagnie de Léa Brenguier, avec le poème de Jaime Gil de Biedma : Paris postal del ciello.   

Aún vive en mi memoria aquella noche,
recién llegado. Todavía contemplo,
bajo el Pont Saint Michel, de la mano, en silencio,
la gran luna de agosto suspensa entre las torres
de Notre-Dame, y azul
de un imposible el río tantas veces soñado
It’s too romantic, como tú me dijiste
al retirar los labios.

Septième poème du recueil « Moralidades », écrit en 1966, où Jaime Gil de Biedma se remémore des temps heureux passé à Paris.
Une place surement voulue,
Le ciel de Paris est utilisé comme image idyllique, il dépeint l e 7ème ciel.
De Biedma contemple et savoure la lune d’août, suspendue entre les tours de Notre-Dame

Revenez avec nous Alexia, puisque c’est en Allemagne que vous nous emmenez maintenant, un texte de Rudolf Von Gottschall, Auf Notre-Dame von Paris.

« Es bergen sich, bleich und erschrocken, die Scherben der Königsmachts! Schön läuten Sturm in die Nacht!
Du, Freiheit, in blutigen Stürmen geboren, Entfalte die heiligen Trikoloren! Heil dir, Notre Dame von Paris! »

C’est un poème du début du 19 ème siècle. Dans l’extrait suivant, l’auteur a érigé la cathédrale comme le symbole de la France qui se redresse après les épreuves.

On traverse maintenant la Manche, vers l’Angleterre et Jon Berry qui lit le poème d’Edmund Kemper Broadus : A gargoyle on Notre-Dame.

« With angel’s wings and brutish-human form,
Weathered with centuries of sun and storm,
He crouches yonder on the gallery wall,
Monstrous, superb, indifferent, cynical :
And all the pulse of Paris cannot stir
Her one immutable philosopher. »

Le poème examine de manière concise et précise une gargouille assise sur le mur de Notre-Dame.
« Aux ailes de l’ange, forme humaine grossière,
Erodée par les siècles de soleil et de tempêtes.
Sur le mur de la galerie se tapit la gargouille,
Monstrueux, superbe, indifférent, sceptique.
Et tout l’esprit de Paris
Ne peut faire basculer ce sage obstiné. »

On achève notre périple en Ecosse, avec le poème de Robert Burns, « Highland Mary« , lu par Liv Cowle

« Wi’ mony a vow, and lock’d embrace,
Our parting was fu’ tender;
And, pledging aft to meet again,
We tore oursel’s asunder;
But, oh! fell Death’s untimely frost,
That nipt my flower sae early! –
Now green’s the sod, and cauld’s the clay,
That wraps my Highland Mary! »

En conclusion, je ne peux m’empêcher de faire une entorse à cette revue de presse des poèmes pour citer l’historien et ex-eurodéputé portugais, Rui Tavares dans les colonnes du quotidien Publico :

“Je défie quiconque qui a vu les images de Notre-Dame en flammes de dire qu’il n’a pas ressenti cette perte comme une perte au plus profond de son identité.
Tous autant que nous sommes, nous devons à Notre-Dame une bonne partie de notre identité européenne.”

La vieille dame de Paris a brûlée, mais comme l’avait prédit De Nerval, la littérature permet le souvenir.
Mais même la littérature Européenne ne se substituera pas au bâtiment.
Pourtant, dans un média bien plus récent, qui peut être, en quelques rares occasions, aussi touchant qu’un poème, on voit fleurir un même gazouilli :

Nous. La. Reconstruirons.


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