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Fraude aux subventions : La revue de presse européenne

Written by on 9 décembre 2019

Le procureur général tchèque, Pavel Zeman, a annoncé la réouverture des enquêtes pour fraude aux subventions contre le Premier ministre du pays, Andrej Babiš, procédures qui avaient été suspendues en septembre.

Or le président, Miloš Zeman, a proposé de le gracier, et Babiš entretient du reste des liens étroits avec la justice tchèque.

Les éditorialistes se demandent si le procureur Zeman pourra faire son travail normalement.

Directement en République Tchèque, on considère que le procureur pourrait sauver son principal allié politique en lui accordant la grâce présidentielle. C’est en tout cas ce que souligne le quotidien de gauche Právo :

“Milos Zeman a proposé l’impunité a Babiš, mais le Premier ministre veut se défendre sans l’aide du président.

Celui-ci peut toutefois gracier des gens sans même leur demander leur avis.

On se retrouverait alors face à une situation inédite, que les pères de la Constitution n’ont probablement pas envisagée : car le Premier ministre doit signer lui-même les actes de grâce individuelle.

Si le Premier ministre venait à se gracier lui-même, la réalité dépasserait de loin la satire.

Ce serait un cas d’école de conflit d’intérêt.”

Toujours en République Tchèque, le journal Mladá fronta Dnes, qui appartient au groupe de Babiš, juge que la grâce présidentielle ne doit être qu’un ultime recours pour le Premier ministre :

“Milos Zeman a promis de gracier Babiš. Trouve-t-on dans leurs pages.

Or cela pourrait nuire à l’image du chef du gouvernement aux yeux de ses partisans peu fervents.

Car une grâce ferait l’effet d’un aveu d’échec.

C’est peut-être pour cette raison que le Premier ministre s’attache à répéter pour l’heure qu’il ne désire pas être gracié.

Attendons de voir ce qu’il en sera par la suite.”

Enfin, chez leur voisins slovaques, on estime que la position du procureur général, Pavel Zeman, qui a ordonné la réouverture des enquêtes contre Babiš, est particulièrement fragile. Comme l’explique Sme :

“Si Pavel Zeman est l’ultime obstacle en travers du chemin de Babiš, la dernière entrave avant que le Premier ministre puisse dominer tout le pays, alors il pourrait se voir déposséder de sa fonction de procureur assez rapidement.

En République tchèque, le procureur général est exclusivement nommé par le ministère de la Justice, qui dépend aujourd’hui de Marie Benešová, laquelle a elle-même été choisie par Babiš.

Combien de temps Zeman saura-t-il se maintenir à la tête du Parquet ?”


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