Nantes

by Euradio

Current track

Title

Artist

Current show

Accents d’Europe

06:30 06:50

Background

Les pirates russes et les présidentielles de 2017 – L’édito de Louise Guillot

Written by on 9 décembre 2019

Bonjour Louise Guillot,
Ce matin Louise vous nous parlez de piraterie, c’est bien ça ?

Louise : Oui, c’est ça Eugène. Je vais vous parler de piraterie, mais pas de piraterie sur la mer plutôt de piraterie en ligne. Vendredi dernier le journal Le Monde a publié un article révélant que des pirates russes se seraient mélés de la campagne présidentielle de 2017. D’après le journal, deux groupes de hackeurs liés aux services de renseignement russes ont été impliqués dans un piratage informatique qui avait visé Emmanuel Macron, qui à ce moment là n’était encore que candidat à la présidence de la République. Ce piratage avait conduit à la publication de plusieurs dizaines d’emails et de conversations confidentielles entre le candidat Macron et son équipe. L’objectif de ce hack était alors de déstabiliser et d’essayer de décrédibiliser Emmanuel Macron dans la dernière ligne droite de la course contre Marine Le Pen.
Bizarrement cette implication russe ne nous surprend pas quand on sait que Marine Le Pen s’est rapproché du pouvoir russe ces dernières années et que son parti politique a d’ailleurs déjà bénéficier d’argent d’oligarques russes. A l’époque du piratage, l’équipe d’Emmanuel Macron avait d’ailleurs dénoncé ce hack comme une tentative d’ingérence de la Russie dans le scrutin présidentiel.
Alors ces révélations du journal Le Monde font évidemment froid dans le dos et laisse à penser que des puissances étrangères peuvent influencer un scrutin électoral sans que nous nous en rendions compte. Et cela me rappelle justement un documentaire diffusé sur Netflix et intitulé « The great hack », le grand piratage en français. Ce documentaire retrace l’histoire du scandale Cambridge Analytica, du nom de cette société de conseil en communication qui a par exemple aidé des candidats à utiliser les réseaux sociaux pour influencer plusieurs scrutins électoraux comme le vote du référendum sur le Brexit ou encore les dernières élections présidentielles américaines qui ont portées Donald Trump au pouvoir. Ce documentaire montre que les grandes plateformes Internet comme Facebook ont accès à un très grand nombre de nos données personnelles, plus qu’on ne le soupçonnerait, et que utilisées et analysées ces données permettent de créer des profils d’électeurs, et ensuite de les influencer grâce à des publicités ciblées. En somme, le documentaire conclut que le principe même d’une élection libre est remis en cause par l’utilisation à mauvais escient de ces plateformes numériques et de nos données personnelles ; et que cela met aussi en danger nos systèmes démocratiques.

Eugène : Mais alors Louise, comment fait-on pour lutter contre ce genre de pratiques et est-ce que l’Union européenne peut faire quelque chose contre la cybercriminalité par exemple ?

Louise : L’Union européenne essaye évidemment d’être active dans la lutte contre les cyber-attaques. Je pense par exemple au travail que réalise Europol sur ce sujet en mettant en place des coopérations entre les services de renseignement des Etats membres pour traquer et prévenir les cyberattaques.
Mais un des grands problèmes aujourd’hui est que ces gigantesques plateformes ne sont pas régulées. Et même si l’Union européenne essaye de les responsabiliser et de faire en sorte qu’elles mettent en place volontairement des mesures de prévention pour identifier les faux comptes par exemple, cela n’est malheureusement pas encore efficace aujourd’hui. Alors j’espère que ce piratage russe fera réagir la nouvelle commission européenne pour qu’elle se penche davantage sur le rôle de ces plateformes dans nos démocraties.


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *